Les habitudes de Virginie Dréan à Bologne

Alice a connu Virginie grâce aux réseaux sociaux où elles ont échangé sur le sujet de la Fugue. Lorsque nous avons décidé d’explorer l’Emilie-Romagne, Alice a tout de suite pensé à elle: une française expatriée à Bologne, c’était idéal pour notre série d’articles “Les habitudes de”! Ce que nous ne savions pas, c’est que nous allions tomber sur une mordue de l’Italie, qui allait nous livrer généreusement son amour pour sa région d’adoption. Rencontre.

Ciao Virginie, peux-tu nous dire d’où tu viens et nous raconter ton parcours professionnel ?

Je suis née en Bretagne (du côté de Saint-Nazaire) où j’ai vécu jusqu’à l’âge de 23 ans. A ce moment-là, je suis partie en stage à Paris (je faisais des études en communication et marketing) et j’y suis restée pour poursuivre ma carrière professionnelle. D’abord quelques années dans la décorations d’intérieur (Habitat) puis dans le domaine de la parfumerie, pour Nina Ricci puis Valentino et Prada. Ces 2 marques m’ont amenée en Italie fin 2013, pour 1 an. J’ai effectué un remplacement à Milan en tant que directrice marketing. Au bout de quelques mois seulement, je me sentais à la maison, j’ai donc demandé à obtenir un poste dans ce pays. Après 15 mois d’attente en Suisse (où j’avais été placée entre temps), la réponse s’est avérée négative. 

 

Mais comment t’es-tu retrouvée à Bologne alors?

Le désir de vivre en Italie était tellement fort que j’ai négocié mon départ de la société pour laquelle je travaillais. Je suis alors rentrée 1 an à Paris pour préparer mon futur en Italie. J’ai pris des cours d’italien avec un prof particulier, me suis rendue de nombreuses fois à Milan pour suivre des parcours à l’Université Bocconi, et me suis créé un réseau depuis Paris et en voyageant en Italie. J’ai ainsi rencontré la DRH de Clarins en Italie. Les valeurs de la marque me parlaient, j’ai alors postulé pour un poste de directrice marketing à Bologne. J’ai été choisie et ai emménagé à Bologne début 2017.

 

Connaissais-tu des gens à ton arrivée ?

Je ne connaissais personne, mais c’était une volonté de ma part. Au même moment que l’offre d’emploi chez Clarins, j’ai reçu une proposition de chez Club Med à Milan et j’ai volontairement choisi la ville que je ne connaissais pas. J’avais visité Bologne lors d’un bref séjour en 2005, rien de significatif donc mais l’idée de me réinventer dans une ville inconnue me plaisait.

 

Comment s’est passée l’intégration? As-tu rencontré rapidement des gens?

Ca n’a pas été simple, malgré le côté chaleureux. J’avais 38 ans quand je suis arrivée et rencontrer des gens de mon âge, c’était compliqué. En Italie et a fortiori en province, ils sont dans une phase de leur vie plus installée et moins ouverte socialement. De plus, côté boulot, ce n’était pas simple non plus puisque j’arrivais à un poste de direction et il était délicat de sympathiser librement. Par contre, je n’en ai pas souffert parce que j’avais le sentiment d’être au bon endroit, je ressentais les racines profondes de la région, la terre importait et m’importait. Une amie française m’a mise en contact avec un de ses amis vignerons qui vivait près de Bologne et il m’a emmenée dans son monde. Je me suis alors découvert une passion pour le vin nature.

Comment définirais-tu le charme de Bologne ? 

Bologne est une ville très chaleureuse, terrienne, simple, vraie. On s’y sent comme enveloppé. Je suis toujours ravie de voir que lorsque des amis français me rendent visite, Bologne est le point fort de leur séjour en Italie. Je pense que c’est dû au fait qu’il s’agit d’une ville “vécue”, dans laquelle on vit. Elle est finalement peu touristique et très authentique.

 

Quel est ton quartier de cœur ?

Le centro storico, bien sûr et j’aime aussi le coin où je vis, près de la via Castiglione. C’est un peu plus résidentiel que l’hyper-centre et le printemps et l’été, je ne me lasse jamais de m’y balader, j’adore ces couleurs et lumières rosées et ocre. J’ai beaucoup de chance de vivre dans cet environnement.

 

Quelles sont tes habitudes au quotidien ?

Un samedi typique, pour moi, se déroule comme ceci: comme tout bon italien, je démarre par la colazione au bar! Deux possibilités près de chez moi: une maison historique, la Sorbetteria Castiglione (qui fait aussi des glaces excellentes) ou un établissement plus moderne, avec une vision alternative qui me plait beaucoup: Forno Brisa. C’est un lieu tenu par des jeunes, qui ont à coeur de soigner la filière agricole avec une belle vision sociale. Le produit et l’humain sont au centre de leur projet. Leur pain et leur pizza sont également excellents. Ensuite, je m’accorde un moment de bien-être et me rend à mon studio yoga favori, Vinyasa Yoga (à 11h, si je me suis levée tôt, à 16h en cas de grasse matinée). J’inclus toujours une flânerie dans les petites rues adjacentes à la Piazza Maggiore, où acheter son poisson, ses fruits/légumes ou encore de la charcuterie et du fromage. J’aime aussi m’arrêter chez Frida’s pour m’offrir un joli bouquet de fleurs. Le soir, j’aime prendre l’apéro dans un bar à vins et enfin, je termine par un bon repas dans une trattoria bolognaise.

Justement, où vas-tu pour prendre l’apéro ?

Comme je vous le disais, je me suis prise de passion pour les vins nature, du coup je privilégie pour l’aperitivo les bars à vin, dont mes deux préférés à Bologne sont:

L’Enoteca storica Faccioli, une enoteca historique du centre de Bologne, avec une belle sélection de vins nature, des conseils avisés et les fameux affettati bolognesi;

L’Ortica, autre bar à vins plus récent tenu par un passionné, qui propose des cours et dégustations avec des producteurs italiens ou étrangers, en plus d’une sélection triée sur le volet de vins nature.

 

Et tes trattoria préférées ?

Tout d’abord 2 adresses très traditionnelles pour de la pure cuisine bolognaise et goûter aux immanquables cotoletta alla bolognese, tagliatelle al ragu, tortellini…: Grassilli et Merlò. Ensuite, une adresse plus innovante, avec une cuisine bolognaise revisitée, des vins de qualité et une ambiance un peu arty: Via con Me.

 

Tes adresses shopping favorites ? 

Pour les fringues, rien de très spécifique, je vais souvent chez & Other Stories dans le centre de Bologne. En revanche, je conseille pour la décoration d’intérieur une visite chez Borgo delle Tovaglie, la boutique est superbe. Une autre boutique déco à découvrir: The Little Shop, tenue par une italienne très sympathique, avec plein d’idées cadeaux.

 

Aurais-tu une idée originale pour visiter la ville ? 

Lorsque je suis arrivée, je me suis inscrite à un Free Tour (concept qui existe dans les grandes villes européennes) et je le recommande toujours aux personnes qui visitent Bologne. C’est un bon moyen pour découvrir et comprendre Bologne et les guides sont des gens passionnés par leur ville!

Des échappées hors de Bologne?

J’ai eu un coup de coeur pour un petit territoire situé entre Faenza, Forli et Brisighella: Oriolo dei Fichi. C’est devenu mon refuge et à la belle saison, j’y passe régulièrement le week-end. J’aime également beaucoup aller déguster des fruits de mer à Cervia!

 

Quel est ton rapport avec l’Italie?

C’est un rapport inexplicable. Déjà au lycée, sans y avoir jamais mis les pieds, j’étais passionnée par l’Italie, je pensais que j’y vivrais un jour. C’était comme une vision, quelque chose de viscéral, de plus grand que moi. J’ai ensuite animé cette passion, ce désir, par le biais de l’art notamment, avec la littérature et le cinéma. J’ai aussi pris des cours d’italien à la Mairie de Paris.

 

Conseillerais-tu un film ou un livre qui t’a marqué sur l’Italie?

Oui! Nos meilleures années (La Meglio Gioventù) de Marco Tullio Giordana, un film très long en 2 parties. On découvre l’Italie à travers la vie de 2 frères romains, Matteo et Nicola, on y voit par exemple les inondations de Florence en 1966 et on y parle aussi des brigades rouges. J’aime particulièrement ce film car il raconte la petite histoire dans la Grande Histoire.

 

Quels sont les autres villes/lieux/régions d’Italie qui te séduisent?

Alors, je suis très attachée au centre de l’Italie (Emilie-Romagne, Les Marches, La Toscane et l’Ombrie) mais j’aime également beaucoup les Pouilles, la Sardaigne (où un ami a une maison de campagne, ce qui m’a permis de découvrir la Sardaigne rurale) et la Sicile (Palerme, Syracuse et Ortigia où je suis déjà partie seule en retraite). J’avais l’habitude de voyager énormément quand j’habitais à Paris. Aujourd’hui, j’entreprends moins de voyages “lointains” car un tiers de mon temps libre est dédié à mon retour aux sources en Bretagne, car j’ai besoin de voir mes proches mais également l’Atlantique! Et puis, plus d’un autre tiers de mon temps libre est dédié à la découverte de l’Italie, ce qui ne laisse finalement plus beaucoup de place aux autres endroits du monde.

 

Grazie mille Virginie!

Le carnet d’adresses de Virginie

 

Pour retrouver le carnet d’adresses d’Alice à Bologne, c’est par ICI!

11

Leave A Comment

Your email address will not be published.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.