Un Noël italien, les traditions racontées par 5 Italiennes

Les traditions ne sont pas une chose prescrite. Chaque famille crée les siennes et c’est grâce à cela qu’elles deviennent vivantes, chaleureuses et inoubliables. Au lieu de vous répertorier les traditions d’un Noël italien telles qu’on peut les voir dans les livres, nous avons décidé de raconter les histoires intimes et souvenirs de femmes italiennes. Puissent-elles être des inspirations pour, à votre tour, créer de petits rituels et moments pour rendre Noël vraiment spécial.

Marica et son cadeau inattendu

On s’en inspire pour … offrir quelque chose à une personne qui n’attend rien

« Noël était célébré chez mon oncle Gino au Palazzo Pisani, au dernier étage d’un appartement qui possédait l’une des plus grandes terrasses du Grand Canal. La veille de Noël, nous les petits, pouvions rester éveillés jusqu’à minuit, lorsque nonna Olga donnait le signal en sonnant une cloche en argent. Nous traversions alors une grande salle où se trouvait un immense arbre de Noël. Chaque année, une nouvelle merveille : deux vélos rouges traînaient une quantité incroyable de cadeaux. Une autre année, un traîneau en forme de cygne. Une fois, j’étais déjà plus âgée et ce soir-là je n’ai pas participé aux découvertes de mes petits cousins, feignant l’indifférence car ma tante m’avait déjà offert avant Noël un très joli tartan. Soudain, ma tante m’a demandé pourquoi je ne cherchais pas mon cadeau. Je me souviens encore de la stupéfaction et de l’émotion lorsque j’ai ouvert une toute petite boîte contenant une bague en or avec une aigue-marine jaune. Je l’ai toujours, et je la porte toujours. »

Rosy allait à la Messe

On s’en inspire pour… éveiller notre sens du sacré

« Nous allions à la messe de minuit parce que c’était une émeute de chants et de couleurs, il y avait une crèche installée dans une nef de l’église et c’était merveilleux. Il y avait même le ruisseau qui descendait des montagnes et qui faisait tourner la roue du moulin, les feux des statuettes qui paraissaient réels, et ils avaient mis la lumière et le papier mâché dessus pour bien faire la flamme. Il y avait un concours des plus belles crèches, celle de l’église était toujours la plus grandiose. Après la messe à l’extérieur dans le cimetière, des salutations étaient échangées et des châtaignes grillées et du vin chaud étaient servis. Nous les enfants, nous attendions à voir les flocons de neige tomber également comme dans les films de Noël, ce qui aurait rendu l’atmosphère encore plus magique. Mais le plus souvent, dans la vallée du Pô, il y avait du brouillard et un froid glacial. Tout cela aidait à faire arriver le matin plus tôt, pour pouvoir voir les cadeaux qui étaient tous laissés sous l’immense sapin de Noël décoré dans le salon. »

Matilde fabriquait des cadeaux à offrir à ses proches

On s’en inspire pour… inviter les enfants à créer quelque chose de leurs propres mains et s’amuser

« Quand j’étais petite, je préparais des gâteaux typiques de Noël avec une amie de ma mère, une cuisinière experte. La cuisine de cette personne était merveilleuse et l’est encore aujourd’hui. Les tartes que nous préparions étaient originaires d’Emilie-Romagne: nous préparions Il Certosino Bolognese, ou Panspeziale rond plein d’arômes et de fruits confits. Nous fabriquions des tartes rectangulaires que nous emballions dans du papier transparent. Les rubans étaient ensuite colorés et satinés. Nous accordions beaucoup d’importance à la fabrication de nos paquets cadeaux. Je ne suis pas un bonne cuisinière et c’est pourquoi avec mon fils aujourd’hui, nous nous consacrons plutôt au bricolage pour les cadeaux de Noël. Nous créons des petits cadeaux qu’il peut offrir à ses tantes, grands-parents et personnes qu’il aime. »

Carla aidait sa mère en cuisine

On s’en inspire pour…  préparer en famille de vrais plats traditionnels de Noël

« Mes meilleurs Noël sentaient la farine fraîche et les œufs, debout autour de la table de la cuisine. Maman et moi, les mains qui travaillent la pâte, pendant longtemps, sans s’arrêter. On prenait le temps de vraiment se parler, c’était le moment le plus intime, c’était mon Noël. Le matin, dans la maison, on humait l’excellent bouillon qui serait servi dans la soupière. Sur la table, il ne manquait pas de parmesan et bien sûr, les doux tortelli. Ensuite, une délicieuse galantine accompagnée d’oignons aigres-doux, de chapon et de salade croquante et puis des chocolats pour accompagner les mandarines fraîches et toujours un bon café. »

Emanuela rêvait des doux cadeaux de Saint-Nicolas

On s’en inspire pour… préparer un joli paquet de bonbons pour les enfants le 6 décembre !

« À Trieste, tous les enfants attendent Saint-Nicolas encore plus que Noël. Je suis d’origine Triestine, mais j’ai passé la plus grande partie de mon enfance dans les Pouilles, d’où venait mon père. Là-bas, cette tradition de donner des bonbons à Saint Nicolas n’existait pas du tout. Je suis retournée à Trieste quand j’avais 12 ans. Le 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas, j’ai vu tous mes camarades de classe ouvrir avec enthousiasme les magnifiques paquets pleins de bonbons de toutes sortes. Je suis rentrée chez moi en pleurant, me plaignant à maman et grand-mère que j’étais la seule à ne pas avoir de cadeaux. Après toutes ces années dans les Pouilles, ils avaient complètement oublié la Saint-Nicolas! Ils se sont immédiatement excusés en m’achetant les plus beaux chocolats de la ville (ce n’est pas un hasard si Trieste accueille la foire de chocolat!). Depuis ce jour, ils n’ont jamais oublié la tradition si importante pour un enfant. »

Retrouvez l’article sur ma sélection de cadeaux italiens pour Noël ICI

 

Baci,

Elena

 

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Photo By: Collages @veneziadinicchia

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