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Italian Joie de Vivre !

1 an sans acheter de vêtement, une nouvelle philosophie du vestiaire

Le 31 mai, cela fera un an que je n’ai pas acheté de vêtement. Une réflexion en mai 2018, en pleine période de déménagement, qui s’est transformé en challenge : devant les dizaines de cartons nécessaires pour empaqueter tout mon dressing, je me demande si j’ai vraiment besoin de tout ça et surtout comment j’en suis arrivée à accumuler autant.

Alors c’est le bazar. Il y a les vêtements que je garde depuis cent ans, ceux qui remontent à mon adolescence (j’ai 35 ans, il ont donc 20 ans), des vêtements achetés pendant mes grossesses pour cacher un peu la misère, essayer d’être confortable tout en maintenant un minimum de style … puis tout le reste, des vêtements achetés en continue, hiver comme été.

Au milieu de tout cela et à un âge où l’on remet pas mal de choses en question, je me sens un peu perdue. Ai-je toujours un style à moi ? Mon physique post grossesse semble visuellement assez similaire mais je sais que j’ai perdu en confort dans les vêtements trop étriqués. Dois-je donner tous ces vêtements que j’adore mais que je ne porte plus ? Moi qui adoooore la mode d’aussi loin que je me souvienne (à 9 ans je faisais des moodboards valentino) j’ai comme perdu un intérêt car plus rien ne me parle. J’aimais les grands créateurs portés par un génie, une vision … mais en ce moment c’est le trou noir, je ne comprends plus rien à ce qui fait vibrer la mode d’aujourd’hui. Ai-je encore un espoir de trouver une mode féminine, chic et sexy qui m’interpelle, me fasse envie ?

Alors voilà. 365 jours sans rien acheter.

L’envie de jouer avec ce que j’ai à disposition, l’envie de trier, l’envie de ressortir des pépites enfouies, de virer tout ce qui semble superflu.

Le démarrage a été plutôt doux car c’était l’été et j’ai beaucoup de robes. Franchement je n’ai pas vu passer cette saison et j’ai profité de quelques nouveautés Rouje que j’avais acheté fin avril (qualité vraiment limite comparée à la première collection que j’avais adoré). Globalement, aucune frustration, surtout que je m’autorise d’acheter quelques accessoires et que j’investis dans des claquettes See by Chloé adorables.

A la fin de l’été, je démarre mes #PALETTE(S) que vous avez aimé suivre sur instagram. L’idée ? Vous montrer la palette de couleurs et de motifs que je porte, sans forcement s’attarder sur les détails (la photo est rarement prise devant une glace, ce n’est pas l’idée) ; J’aime vous montrer des nouveaux combos de couleurs et d’accessoires. C’est amusant pour animer mon dressing à la saison que je préfère, l’automne. Première veste, superposition, jambes encore nues, accessoires à gogo … je m’en donne à cœur joie !

Guillaume arrive fin novembre et avec lui, un hiver dont on sort à peine fin mai !! L’ENFER SUR TERRE car j’ai froid pratiquement tout le temps et me retrouve à porter toujours et encore les mêmes vêtements. Je me rends compte durant l’hiver de 3 choses :

  • Les 80% de mes pulls sont dans un état minable (bouloches et trous, carrément)
  • Je n’ai que 2 jeans bleu qui ne me vont pas (un Claudie Pierlot taille haute or j’ai pris du poids donc je suis serrée) (un comptoir des cotonniers qui est court donc plutôt pour le printemps)
  • Mon beau manteau d’hiver, mon super kimono italien en laine acheté à Venise en 2015 a fait son temps, je n’ai plus de beau manteau pour la saison mais seulement une parka très chaude. Je suis donc en galère pour des rendez-vous pro où je dois faire bonne figure.

Est-ce que je suis frustrée à ce moment là ? Franchement oui car je n’arrive plus à ajouter une petite touche qui me donne un style dans lequel je me reconnais, je trouve tout chiant, tout le temps. MONOTONIE DU PLACARD.

En parallèle de tout cela, j’écoute des podcasts, regarde des vidéos. En en apprenant plus sur les catastrophes à répétition dans les usines textiles du Bangladesh, je me dis que cela va être compliqué de rentrer dignement dans un Zara en juin 2019. J’y achète encore parfois des vêtements pour mes enfants (Ils poussent comme des champignons, j’ai la sensation qu’ils sont toujours mal fagotés avec des vêtements trop courts) mais je n’ai pas encore d’alternative prix – qualité – durée d’utilisation …. Le meilleur compromis pour moi reste d’utiliser à fond le vestiaire de mes neveux, que ce soit pour mon fils, ou ma fille, habillée très souvent comme un garçon.

Est ce que j’ai été tenté côté shopping ? Cette année j’ai eu beaucoup de travail. Entre mes sessions derrière l’ordinateur et la gestion du quotidien familial, aucun doute, j’ai eu peu de temps pour moi. Andrea déteste faire du shopping du coup c’est réglé, on est rarement en ville à admirer les vitrines. Cela m’a plutôt arrangé et je pense à limiter la frustration. Côté réseau sociaux ? C’est vraiment très très rare qu’une pièce me fasse envie. J’ai quand même des marques qui me font de l’œil, Blazé Milano, Molli … mais ce sont des classiques chics et pas des tendances éphémères. Mais globalement, je n’ai plus le coeur qui bat la chamade devant une pièce et c’est quelque chose que j’ai vraiment apprécié cette année : avoir cette sensation de reprendre le contrôle sur mes envies, ne pas me laisser dominer par des vagues d’émotion qui m’embarquent dans quelque chose que je ne veux pas profondément. Ce contrôle de soi devant une belle veste par exemple, va de pair avec une réflexion plus globale sur le fait d’être actrice de ma vie et maitre à bord. Quand je vous parle de mes fugues personnelles à Venise, c’est avant tout pour retrouver tout cela, un contrôle sur qui je suis, sur quelles sont mes réelles envies.

Mais soyons honnête, ce qui m’a empêché de péter un câble est le fait d’avoir déplacé la folie shopping du secteur mode vers le secteur maison. #CasaMarchi est terminée depuis août 2018 et nous avons une liste infinie de choses à acheter. Beaucoup de luminaires, des fauteuils, tables de nuit, miroir, tous les meubles d’extérieur … la liste est longue et j’ai eu plus d’une occasion pour dégainer ma carte de crédit.

Ce qui m’intéresse particulièrement c’est d’analyser la façon dont j’achète des objets pour chez moi, une philosophie finalement assez éloignée de mes achats vestimentaires. Tentative d’explication :

  • Je réfléchis beaucoup à chaque pièce, rien n’est fait sur le coup de l’impulsion. Parfois bien sûr j’ai d’incroyables coups de coeur, mais j’ai du recul toujours, pour attendre que ça redescende et analyser l’objet dans son contexte.
  • Je dois être sûre qu’un objet ou meuble s’intègre dans ce que nous avons déjà acheté et dans ma « vision » de la maison. Depuis le début du projet #CasaMarchi, j’ai des moodboards par pièce, des photos d’intérieur qui m’inspirent … des choses qui me permettent de valider et revalider mes choix
  • Je suis obsédée par le fait de ne pas me lasser des objets et des meubles. Pour acheter une céramique de salle de bain, j’avais par exemple des carreaux échantillon dans ma cuisine pendant 1 mois. Je les regardais, reregardais … si j’adorais toujours au bout de quelques semaines, on était bon.
  • J’ai une palette de couleurs très précises et j’essaie de ne pas en sortir. Il y a une harmonie globale dans la maison, des matières que j’essaie de réutiliser en petites touches (le cannage, le bois clair, le marbre doré par exemple) puis des petits univers plus différents, notamment dans les chambres.

Alors finalement, pourquoi ne pas m’inspirer de cette façon de faire pour mon dressing et mon quotidien vestimentaire ?

Cela pourrait se traduire par :

  • Connaître les silhouettes qui me vont bien et toujours y revenir
  • Etre sure qu’une pièce « mode » va s’intégrer sur le long terme, qu’elle n’est pas collée à une tendance trop précise
  • Ne pas me lasser d’une couleur ou d’un motif
  • Connaître ma palette de couleur, celle qui me va au teint (j’ai encore du mal à la définir à part pour le rose), celle que j’ai à dispo dans le placard, pour être sûre qu’une nouvelle pièce s’intègre bien à tout cela

Finalement la grande question. Est ce que le 1er juin, je vais faire la folie du shopping ?

Non, je n’en ai aucune envie. Déjà parce que les beaux jours arrivent à peine, du coup je vais mettre toutes mes robes et il me faudra 1 bon mois pour faire le tour. Et puis ma première vraie envie c’est un tri monstrueux pour alléger mon placard et VOIR vraiment les vêtements ! Je réfléchis plutôt aux moyens de construire une garde-robe intelligente, faites de belles pièces, de peu de pièces, qui correspondent parfaitement à mon style.

Du coup côté achat, j’envisage plutôt des pièces pour l’hiver prochain.

  • Un blazer à motif d’automne-hiver
  • Une veste d’hiver sublime très chic. J’imagine un manteau peignoir vert ou gris bleuté dans une matière magnifiquement chaude.
  • Des jeans. Un un peu large, très confortable qui me donne une dégaine. L’autre plus affuté pour sortir.
  • Un pantalon chic de couleur (bleu ou violet sombre)
  • Des pulls très chauds dans des couleurs chouettes : un marron-noisette-doré qui irait avec mes cheveux, un vert d’eau (le vert, c’est ma vie).

On se debriefe après les soldes ? On verra si j’ai été sage !

Baci

Alice

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Photo By: Ali di Firenze
2 Discussions on
“1 an sans acheter de vêtement, une nouvelle philosophie du vestiaire”
  • Ton article est très intéressant, j’ai, pour me part, pris la décision de ne plus acheter chez Zara, H&M etc même si je sais que les tentations vont être terribles (merci Instagram et ses influenceuses). Il est possible que je m’inspire de ton challenge, enfin, je vais au moins essayer de réduire ma consommation de vêtements. Merci pour le partage. Baci
    Caroline

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