Florence confidentielle, un parcours sur les traces de Dante

Si vous nous suivez depuis un moment, vous vous souvenez peut-être de la catégorie d’articles intitulée « Saviez-vous que » écrite avec l’expertise de la guide italienne francophone Irene Martinelli. Florentine passionnée par sa ville, Irene est conférencière, guide certifiée et experte en histoire de l’art. En cette rentrée, nous avions envie de vous faire voyager dans Florence en dehors des chemins habituels et Irene a pensé pour nous un parcours sur les traces de Dante, de l’Enfer au Paradis en passant par le Purgatoire. Quel programme !

Marcher dans les pas de Dante

Il existe à Florence un parcours unique en son genre. Un parcours qui se faufile dans les ruelles et places de la ville encore imprégnées de l’atmosphère médiévale. Un parcours qui suit les traces des événements glorieux et douloureux vécus par la ville et ses citoyens durant le Moyen Âge, et évoqué dans une oeuvre qui est considérée comme l’un de plus grands chef-d’œuvres de la littérature italienne. Il s’agit de la “Divina Commedia” écrite au début du XIV siècle par Dante Alighieri, poète, père fondateur de la langue italienne et homme politique aussi puissant que malheureux … Un parcours, donc, qui mène aux portes de l’Enfer, au début du Purgatoire et au seuil du Paradis.

Le fil rouge de ce parcours est tracé par 34 dalles, appelées lapidi, qui portent des célèbres terzine (versets à trois vers faisant partie d’un sonnet) issues de la Divine Comédie: 9 provenant de l’Enfer, 5 du Purgatoire et 20 du Paradis. C’est en 1900 qu’un comité de Dantisti (amateurs de Dante) a lancé une proposition à la commune de Florence: choisir les versets les plus représentatifs et significatifs du poème et les faire graver sur des dalles en marbre, dans le but d’évoquer les événements, les personnages et les lieux qui ont marqué – pour le meilleur et pour le pire – l’histoire de Dante, de Florence et même de l’Italie.

Depuis 1907, donc, ces dalles décorent le tissu urbain. Accrochées sur les façades ou à l’intérieur des cours des palais florentins et murées sur les pavés d’endroits stratégiques, elles dessinent un fil rouge tout à fait spécial. La plupart concentrées en plein centre historique, entre la place du Duomo, le quartier médiéval et la place de la Seigneurie, les dalles accompagnent les balades des touristes qui, par leurs regards curieux ou distraits, ne s’aperçoivent de rien !

Deux en particulier assument une signification spéciale pour nous. La première, située dans la cour du Palais de la Seigneurie, célèbre un personnage devenu exemplaire dans l’histoire de Florence durant la période des luttes acharnées entre les guelfes et les gibelins. Il s’agit de Farinata degli Uberti, l’un des chefs de la faction gibeline, à qui Dante, malgré son appartenance à la faction adverse, rend un grand hommage en lui reconnaissant d’avoir sauvé la ville de la destruction que ses compagnons gibelins avait décrété après leur victoire sur les rivales guelfes.

La rencontre entre Farinata et Dante est l’une des plus touchantes de toute la Divine Comédie, mais les versets les plus émouvants du poème sont ceux gravés sur une deuxième dalle que j’aime beaucoup, celle qui repose sur le pavé près de la porte du Paradis du Baptistère.

C’est par ces versets, un véritable testament spirituel, que Dante adresse à sa ville son message d’espoir. Exilé de sa patrie, à cause des terribles vengeances, le divin florentin continue à espérer que ce triste épilogue dû à son engagement politique, puisse enfin trouver une fin heureuse. Que la ville en paix puisse l’accueillir à nouveau, citoyen parmi ses concitoyens, et le consacre enfin Poète en lui conférant la gloire et l’immortalité méritées.

 

Si vous voulez approfondir ce parcours et effectuer une visite guidée avec Irene, pour tout contact, informations et tarifs, envoyer un email [email protected]

Photo By: Cover : Federico Zuccari, Huitième Cercle, septième fosse - Les voleurs, Vanni Fucci. Illustration pour L'Enfer de Dante, chant XXIV-XXVI, GDSU inv. 3497F ©Roberto Palermo/Galerie des Offices / Federico Zuccari

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