Le journal de bord d'Ali di Firenze

DOLCE VITA, 6 ans en Italie et 20 commandements

En ce mois de septembre, je fête mes six ans en Italie. Le projet initial était d’y rester 4 ans, mais du projet initial, il ne reste pas grand chose et ce déménagement a changé, soyons francs, ma vie à tous les niveaux.

Un chéri italien pas prévu au programme, un bébé qui fait notre joie tous les jours, le chien le plus snob d’Europe (on a arrêté de l’emmener dans le centre, car elle est obsédée par le trottoir devant chez Hermès)… bref une vie joyeuse et bordélique comme je n’aurais osé la rêver.

 

En 6 ans, a t-on le temps de faire le tour d’une ville ? D’un nouveau style de vie ? Se lasse t-on des choses, des instants, des lieux qui nous ont pourtant si fasciné au départ ?

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Je dirais pour commencer que l’on a un très bel aperçu de ce qu’est vraiment la vie florentine et du caractère de ses habitants. Pour moi ce qui est le plus agréable ce sont les habitudes qui se créent avec le temps. Les italiens sont plein de rituels – le sacro-saint café, la balade, les discussions – et je dois dire que je n’ai pas eu de mal à me fondre dans la masse à ce niveau là.

Bizarrement à part ma famille et mes plus proches amis (et le rayon beauté de Monoprix bien sûr), peu de choses me manquent de la France. J’ai plaisir à y retourner mais rien d’équivalent au coeur qui bat la chamade quand l’avion se pose à Firenze. Florence, c’est vraiment chez moi maintenant et c’est un sentiment extrêmement apaisant que d’avoir nidifié ici.

Je connais des Français qui ne se sont pourtant pas du tout plus en Toscane : vie trop lente, caractère merdique du Florentin (il faut prendre le temps de creuser pour apprécier et trouver un trésor), vie sociale plus molle qu’à Paris… bref, si l’on a pas envie de s’adapter aux coutumes locales, on peut passer un mauvais moment et ronger son frein en attendant de rentrer.

Me concernant c’est l’inverse qui s’est produit et sans que je l’anticipe une seconde. Tout de suite j’ai compris comment aborder le personnage local, le dompter, m’accommoder des façons de faire. J’ai mis plus de temps pour me calmer côté boulot, 2015/2016 ayant été terrible, mais je ralentis en ce moment et cela me fait un bien fou.

Ce qui m’a ému presque aux larmes lors de mes premiers voyages continuent de m’émerveiller. Les couleurs de la place Santa Maria Novella, la gentillesse des gens, ce plat de pâte à 5€ d’un délice absolu, cette statue cachée dans une niche, les reflets de l’Arno le soir : tout cela est un luxe et je le savoure toujours avec autant de gratitude.

Pour fêter cet anniversaire, j’avais envie de lister mes rituels préférés et de vous donner quelques conseils pour que vous aillez l’air So Italian lors de votre prochain séjour!

  1. Je mange mes pâtes avec un bras dans le dos pour m’empêcher de toucher le couteau (Andrea m’oblige!). L’italien déguste ses spaghetti plein de sauces juste avec une fourchette et réussit le miracle de sortir la chemise impeccable de l’aventure.
  2. Ne jamais demander au serveur d’apporter du parmesan. S’il n’est pas sur la table, il y a une raison et le serveur n’oubliera JAMAIS de le déposer si besoin.
  3. Un cappuccino se boit jusqu’à 11h, après cela vous êtes étiqueté Américain.
  4. Le pain toscan est sans sel et un poil dégueu mais c’est comme ça, on ne fait pas l’affront d’ajouter du sel par dessus. Par contre on peut recouvrir la dite tranche d’un litre d’huile d’olive nouvelle absolument divine.
  5. L’usage des clignotants est une option en Italie. Tout le monde le sait, donc tout le monde est sur ses gardes et personne n’est offensé si vous décidez de virer à droite au dernier moment vous obligeant presque à piler (mais comme vous aviez senti le coup, votre virage est fluide et sublime).
  6. L’usage du klaxon est indispensable et dans toutes les situations. Je klaxonne pour tout et n’importe quoi.
  7. Ne jamais sortir sans lunettes de soleil, cela n’a pas de sens ! Elles doivent être vissées sur le nez quelle que soit la situation. Faire du shopping en lunettes de soleil ne choque personne d’ailleurs.
  8. Le jardin de Boboli c’est bien, celui de la Villa Bardini c’est dingue (et tellement confidentiel).
  9. La meilleure vue sur Florence n’est pas depuis le piazzale Michelangelo mais depuis l’église de San Miniato Al Monte à quelques mètres.
  10. Rien ne vaut une visite de la pharmacie Santa Maria Novella le dimanche matin à l’ouverture. Les touristes sont fainéants !
  11. La cuisine la plus simple est toujours la plus délicieuse et je peux vous dire que j’en ai appris un rayon grâce à ma belle-mère italienne et ses pâtes à la courgette ou à la tomate. D’une facilité affolante et d’un goût inoubliable.
  12. Qu’il fasse chaud à mourir ou que les courants d’air de l’hiver nous chatouillent, la balade dans le quartier de l’Oltrarno est toujours un pur moment florentin. Entre le maraîcher de la via sant’Agostino, l’artisan ébéniste de Borgo Tegolaio, le restaurant de poche à San Frediano… je découvre toujours quelque chose de nouveau et d’authentique.
  13. On mange des glaces absolument toute l’année, surtout ne vous freinez pas, même si on est en novembre.
  14. Boire son café au comptoir, jamais assis. D’ailleurs on ne le boit pas, on se l’enfile en une seconde. Le dit café peut être accompagné d’une brioche, je la choisis Integrale con miele.
  15. Etre capable de parler pour ne rien dire, commencer par la météo de la semaine, de la semaine d’avant et de celle d’après. Enchainer avec les fruits et légumes de saison. Faire un grand final sur la famille et un bilan de santé complet de chaque parent. Cela marche avec votre voisine, la pharmacienne, vos nouveaux amis, la personne devant vous au musée, …
  16. Parler avec les mains. Je le faisais déjà un peu mais là c’est devenu le show pour souligner les sentiments.
  17. Ne jamais prendre « Non » pour une réponse définitive. Les italiens ont besoin de drame et tout est toujours négociable (cette reflexion s’applique également à l’administration).
  18. Ce n’est pas parce qu’il fait chaud à mourir que vous devez vous découvrir. La Florentine a cette façon, que dis-je, cet art, de recouvrir son corps d’une blouse fluide manche longue et d’un pantalon léger. Ce qui, soyons franc, est beaucoup plus chic qu’un short et un débardeur.
  19. Le vélo est une religion et vous protégez votre bolide de 3 cadenas (montant des cadenas supérieur au montant du bolide mais dans la mesure où vous vous êtes fait voler 3 vélos, vous avez retenu la leçon).
  20. Quand on sort, on s’habille. On est jamais TROP habillé en Italie. Il est rare que la florentine ait de plus sauté la case coiffeur.

Baci,

Ali

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Par Ali

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