AlidiFirenze

Italian Joie de Vivre !

Treviso Teatrale, la fugue improvisée !

Cet article pourrait avoir un sous-titre : « Une leçon de lâcher-prise » ! Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous savez qu’il y a dix jours, j’ai été confrontée à un petit casse-tête logistique, aka la grande épreuve du feu : changer le lieu de notre fugue et organiser un programme décent en moins de 12h. Nous devions partir à Venise, mais la ville en a décidé autrement, notre rendez-vous devait être reporté et j’ai bien été obligée de m’exécuter. Retour sur 5 jours qui resteront dans les annales des Fugues Italiennes et que je vous partage en 2 articles : ici le « contre la montre » endiablé du mercredi puis le carnet de voyage de notre fugue … à Trévise !

MERCREDI 13 NOVEMBRE

6h45, je me lève pour préparer mes enfants pour l’école, et mon tendre époux me pousse à me rendre au Yoga. J’ai du boulot et un peu la flemme, j’enfile quand même mon legging, je sais à quel point j’en ressors toujours pleine d’énergie. Et de l’énergie il va falloir en avoir… Merci tendre époux pour cette brillante idée.

10h15, je suis dans le salon à préparer les welcome kits de ma fugue #VirtuosaVenezia qui démarre vendredi matin dans 2 jours. J’admire les chaussons vénitiens sublimes que la marque partenaire Capulette offre à chaque fugueuse ! En même temps, je consulte les réseaux sociaux et je frémis en voyant passer des images de la Sérénissime noyée sous l’eau. L’acqua alta, ce phénomène du mois de novembre où les eaux montent toujours à Venise, prend des proportions non maitrisées et je commence à moins rigoler. À la base en choisissant les dates de la fugue, j’avais bien conscience que l’acqua alta pouvait faire partie du décor, mais je trouvais cela follement local et très sympa à partager avec mes fugueuses. Là, c’est moins drôle, et l’hôtel ne répond pas au téléphone. 2 jours après, je n’aurais toujours pas de nouvelle directe car téléphone et internet sont coupés, il y a plus d’un mètre d’eau au rez-de-chaussée dans le lobby …

10h30-11h, je retourne au bureau où Emilie, ma collaboratrice, est en train de travailler. Je lui dis que ça sent le roussi et qu’il faut qu’on s’active. Je m’assois à côté d’elle et n’en bougerai plus jusqu’à 21h. J’appelle mon amie journaliste Elena Diachenko qui vit à Venise et a participé activement à l’organisation de la Fugue. Elle me confirme que la ville est impraticable (80% de la ville est touchée) et qu’il est impossible de prévoir ce qui va se passer ce week-end ou d’évaluer les dégâts dans la ville. Déjà je lis que certains arrêts de vaporetto, dont le nôtre, ont été arrachés … certaines lignes sont même coupées. Si je suis tout de suite partante pour imaginer une fugue (et la sortir de terre en moins de 12h), je refuse par contre l’incertitude qu’impose une fugue à Venise même revisitée. Il faut que je maîtrise mon cadre un minimum car j’embarque un groupe qui se laisse en général totalement porter. Je demande à Elena ce qu’elle pense des villes back-up à disposition, nous hésitons une seconde entre Padoue et Trévise mais Trévise s’impose très vite. Charme + nourriture + campagne sublime à proximité = l’équation gagnante.

11h15, j’ai l’aéroport au téléphone qui me confirme que l’acqua alta n’a aucune incidence sur les atterrissages. J’ai donc bien 11 fugueuses qui débarquent dans moins de 24h (beaucoup d’entre elles arrivent le jeudi, donc le lendemain) et je n’ai pas d’hôtel, pas d’adresses, pas de fugue. Je ne sais pas pourquoi mais je ne stresse pas, je ne pleure pas, je ne m’énerve pas. Si vous avez fait un minimum d’événementiel, vous savez que l’adrénaline du rush est assez addictive. Nous avons peut être le coeur qui bat très fort avec Emilie, mais nous sommes tout de suite à fond pour trouver une solution. À aucun moment je n’ai eu envie d’annuler, on va y arriver, c’est sûr.

11h30, j’ai Amélie par texto. Ma co-auteure sur les sujets vénitiens et siciliens me met en contact avec des amies dans le Veneto qui peuvent m’aider sur la logistique de la journée du samedi (coucou Magda!) . Car en choisissant Trévise, tout de suite un planning s’impose à moi. Comme toutes les Fugues Italiennes, l’idée n’est pas de jouer les touristes ou de couvrir une destination de manière exhaustive mais bien de réfléchir à soi, à ses valeurs, ses besoins, ses envies, tout cela sur une toile de fond italienne. Il me faut donc trouver un nouvel enchaînement de « tableaux » comme j’aime les appeler, dans une ville que je ne connais pas. Car oui, petite précision je n’ai jamais mis les pieds à Trévise.

11h30-12H30, une autre partie s’engage, expliquer aux fugueuses le choix qui s’impose à elles. D’un côté, la fugue de Venise est annulée, de l’autre leur fugue italienne prévue de longue date (elles ont booké en mars et trépignent, Virginie vient même de Saint Barth pour l’occasion!) est belle et bien toujours d’actualité. Sont-elles prêtes à me suivre ? Ont-elles envie d’une aventure ? Tout de suite les réponses positives fusent et nous boostent à fond, la grande majorité du groupe est partant (les autres se positionnent tout de suite sur 2020!).  C’est Emilie qui prend en charge tout l’aspect logistique fugueuse, gérant les transports et les correspondances des unes et des autres, pendant que je m’attèle au détail du programme. Car que cela soit bien clair, JAMAIS je n’aurais pu organiser cette fugue improvisée tout seule. Je parlais il y a peu dans cet article de l’intelligence collective. En voilà un si bel exemple.

13h-14h, je réussis à avoir Amélie au téléphone pendant sa pause travail. Nous discutons de différentes adresses à Trévise (heureusement elle m’avait écrit un city-guide canon il y a quelques années) et des idées qu’elle a pour la journée du samedi. En effet, je veux absolument faire cette dernière en dehors de la ville, dans la campagne. Très vite, nous parlons du domaine Vinicole Giusti recommandé par elle et Magda, et de la Gipsoteca di Canova. Cette adresse artistique est exceptionnelle et très surprenante, car ce musée des plâtres du grand sculpteur Antonio Canova se trouve dans son village de naissance, Possagno, 5000 habitants au compteur. Peu à peu, le programme du samedi se dessine, entre dégustation de prosecco supervisée par Magda, visite d’une abbaye superbe et découverte surprise de la Gipsoteca. Car pour moi, offrir des surprises aux fugueuses est un vrai cadeau: cet émerveillement qui accompagne l’émotion, et qui « reste » bien après la visite.

14h-18h, enchaînement infini de coups de fil. Notre très grande chance, c’est l’incroyable accueil des contacts variés à Trévise. PERSONNE ne m’a dit non de la journée. Jamais. Les étoiles étaient alignées que ce soit pour réserver notre welcome dinner dans le restaurant le plus réputé de la ville ou bien pour trouver une jolie salle et une prof de yoga parlant anglais pour le dimanche matin. Je ne remercierai jamais assez Valentina et Vera du studio 11 à Trévise pour leur efficacité et la douceur de ce moment. Elena revient aux nouvelles, et nous décidons de la faire venir à Trévise le dimanche midi pour le déjeuner afin d’avoir quelqu’un qui vit Venise et qui peut nous raconter ce que les habitants de la ville vivent, comment ils s’organisent. Elle doit de plus ramener la deuxième partie du welcome kit, un écrin de parfums de la marque vénitienne artisanale Merchant of Venice.

21h, je reprends mes esprits et poste différentes stories sur Instagram pour raconter notre journée incroyable. Tous les messages reçus sont tellement encourageants que mon moral ne peut rester que positif. Je dine avec Andrea et Emilie pour faire un break. Nous sommes « bon » sur 80% du séjour, il me manque techniquement la confirmation ferme sur le déroulé du samedi mais j’ai confiance, je sais que Magda et Gabriella gèrent sur place et surtout, je n’ai pas le choix. Moi la maniaque du détail, je suis bien obligée de laisser mon bébé dans les mains de quelqu’un d’autre. Ce lâcher-prise imposé aux fugueuses me contamine par obligation, moi aussi je vais devoir laisser passer quelques couacs et respirer très fort.

23h, les welcome kits laissés sur la table ce matin sont finalisés et mis dans la valise, je boucle cette dernière et je vais me coucher. L’aventure nous tend les bras <3

Pour savoir ce que nous avons fait durant notre fugue du jeudi au dimanche, un carnet de voyage (et d’adresses) à suivre !

Baci,

Alice

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Photo By: Ali di Firenze

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