AlidiFirenze

Italian Joie de Vivre !

DOLCE VITA, de la difficulté d’être soi

Comme tous les articles un peu personnels, j’écris, je réécris, je trouve ça mou du genou. Je suis à la recherche de cette sensation de justesse, qui me met en paix avec moi-même : voilà, ça y est, j’ai trouvé le nœud que je voulais dénouer.

J’ai donc tourné autour du pot, écrivant une première version d’article sur mon énorme coup de fatigue de février, la baffe après le lancement des fugues, le rythme qui s’est accéléré, la pression aussi. Mais j’ai finalement trouvé ça totalement inutile. Me plaindre n’est pas ce qui me va le mieux.

Puis il y a eu la version ou je parlais du choc de ma rencontre avec Relax Firenze, un centre de bien-être holistique où la propriétaire et coach Ilaria, a eu le soin de me remettre les pendules à l’heure avec sa consultation « couleur ». En vous posant des questions (vous répondez par un choix de pantone), Ilaria vous en dit plus sur votre état actuel, vos humeurs, votre corps et vous prescrit des gouttes naturelles.  Le bilan était clair : j’ai un besoin fondamental de ne rien faire, d’avoir des moments où j’appuie sur pause, où je regarde passer les nuages pour libérer mon « cerveau créatif pressurisé » (me dit-elle). Je suis encore incapable de m’octroyer ça mais j’y réfléchis car cela devient nécessaire, je le sens en moi.

Voilà, super, toujours pas d’article qui tient la route !

Puis je suis retombée par hasard sur une carte que la marque Septem m’avait envoyée l’année dernière avec une combi rose dinguissime. Sur la carte il y avait une citation de Simone de Beauvoir « J’accepte la grande aventure d’être moi ». J’ai trouvé ça si simple, si fort. J’ai eu envie finalement de partir de ça.

Accepter d’être moi, me nettoyer de couches qui m’encombraient, c’est finalement ce que j’ai fait en divorçant. Mais cela a marqué le départ d’une course de fond, pas une arrivée, et nécessite un réajustement permanent et fatiguant. Le plus dur était devant moi.

Au final, rien n’est plus difficile que d’être soi, s’accorder cette liberté FOLLE d’être exactement où l’on veut être, comme on veut l’être. J’ai mis des années à me rendre compte du cadeau que je m’étais fait, étant obnubilée par ce que les gens pensent, par le bruit ambiant.

Quand j’ai divorcé, j’ai poussé un cri. J’ai dit non à une vie dont je ne voulais pas, j’ai fait du mal pour réussir à avancer. Beaucoup n’ont pas compris, mais ce que j’ai trouvé assez surprenant, c’est que beaucoup ont eu peur. Peur de voir quelqu’un faire « une sortie de route » brutale, aller là où ça pique, pour (essayer d’) être en accord avec soi-même. J’ai mis beaucoup de temps à comprendre cette réaction. Je commence à l’assimiler des années après, car mon chemin m’a amené plusieurs fois de suite à faire des choix, à me confronter tant bien que mal à mes peurs.

Car en parallèle de ma vie perso, ma vie professionnelle a pris le même genre de tournant. En changeant drastiquement de carrière, il fallait de nouveau savoir encaisser et croire en mon chemin. Ce que j’ai essayé de faire, timidement au démarrage.

Quand vous lancez un blog, une vision personnelle, basée sur votre « trépidante personnalité » (!!), il faut tout d’abord l’assumer. Et là déjà, ERREUR, j’ai mis 4 ans sur 5 ans d’existence du blog pour le faire, me planquant allègrement derrière des paysages toscans somptueux. Il m’a fallu du temps, pour me sentir « chez moi », en confiance, puis avec des blagues échangées sur instagram stories me sentir à l’aise, doucement, pour « saupoudrer du moi » dans mon projet.  Dieu merci, c’est là où les choses ont commencé à s’accélérer car vous aviez l’air de bien aimer ma tronche !

Un blog, c’est finalement de nouveau un cri, un « coucou j’existe ». Mais j’ai besoin que ce cri, personnel, s’accorde parfaitement avec mes valeurs, ce que j’ai envie de transmettre. Depuis longtemps, je sais que l’image, les jolies photos, le glamour d’une vie qu’on vous envie, ne me suffit pas. J’ai besoin de plus, j’ai besoin de contact, d’échange, de vrai, d’être utile. UTILE. MOT CLE.

Mon projet Ali di Firenze n’est pas une conclusion, un objectif, c’est un long chemin. Je sais que ce chemin est juste mais je n’ai aucune idée de là où il m’emmène. Quand le moral est en berne, ce n’est pas la situation la plus commode et rassurante, car personne ne peut croire en moi et en cette voie sinon moi-même. Or, qui suis-je pour être aussi « sûre » que la route est le bon choix ? Me cramponner à mes petites certitudes est-il suffisant pour continuer à avancer ? Souvent la réponse est NON. C’est là où mon mari sort le plan d’urgence spaghetti carbonara – gossip girl – bain chaud – gratouille de tête – mouchoir à portée de main.

Et puis, finalement, 5 ans après,

La lumière.

La Fugue.

Un projet qui concrétise toute ma vision de l’Italie, de la communauté, des femmes, de l’entraide, l’immersion dans mon monde.

Et un projet qui FONCTIONNE.

« Hey mais ça cartonne tes fugues » me dit-on. « Heu oui, heu heu, je reçois des emails, heu heu heu heuuuuuuu ».

Oh god, je n’étais pas du tout préparée à ce qu’un projet fonctionne !!!!

On s’habitue vite à la loose dis donc.

Il faut dire qu’en 5 ans, j’en ai lancé des choses, tenté des trucs. Et que pour 1 succès posté sur Instagram, il y a 50 gros vents frontaux qui font mal à l’égo. Mais là, je crois que la Fugue appuie tellement sur une vérité de femme, un besoin, qu’on va faire ensemble quelque chose de grand.

Alors oui, je suis fatiguée car je travaille comme une grosse brute, oui il me faut trouver des espaces vides mentaux pour dépréssuriser mon cerveau blablabla. Mais MERDE, mon bébé fonctionne, mon chemin est le bon, je suis moi et c’est quand même sacrément merveilleux.

Voilà ce que j’avais envie de vous dire.

Pas vraiment pour insister sur le fait que JE suis dans le juste (vu le boulot perso qui me reste à faire), mais pour VOUS dire que s’aligner avec votre vérité, est le meilleur moyen de reprendre les rênes de votre vie. Il n’est pas question de changement massif, mais parfois d’être simplement sincère avec soi-même, sans se cacher les choses. Si vous ne faites pas le grand saut d’une décision, au moins vous le faire en pleine conscience. Et ça, ça change tout.

À l’heure où j’appuie sur « publier » les fugues italiennes de 2019 sont toutes bookées (il reste éventuellement 1 place en juin 7-9 à Florence), et je m’apprête à accueillir mes fugueuses d’avril à Florence dans 4 petits jours. Difficile d’exprimer la joie qui me remplit et le sentiment si apaisant d’être bien encré dans un moment qui a du sens. #MerciLaVie

Baci,

Ali

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Photo By: Alex Dani
8 Discussions on
“DOLCE VITA, de la difficulté d’être soi”
  • Oui, c’est bien cela qu’on vient chercher ici: la sincérité, l’expression de ce que l’on ressent, un écho et puis la joie, quoi! On la sent présente, même si tu te caches derrière les photos de Toscane, ton plaisir de partager est bien là. Alors, ne bouge pas, regarde les nuages, on arrive!

    • Merci ma chère Maya pour tes mots doux ! Oui la joie est un moteur, sinon ça m’angoisse. J’aime bien l’idée de vous attendre en regardant les nuages … Sinon … As tu répondu à ton questionnaire ?! Hâte d’avoir une photo, j’adore découvrir mes fugueuses !!! Baci, Alice

  • Merci, Merci, Alice pour ce post ! Totalement en accord avec vous sur les choix à faire pour petit à petit être (à nouveau) soi.
    Pas toujours simple, mais tellement une priorité pour ne pas se perdre !
    Merci pour l’avoir écrit.

    • C’est tellement juste de rappeler ce « petit à petit ». on est pas obligé de se faire violence aussi sur ça, il faut juste l’avoir en tête et le vivre avec le maximum de serenité pour inviter le changement, doucement, a commencé ou se poursuivre. merci chère Emmanuelle !

  • Comme je te rejoint sur ce besoin de vérité et aussi de montrer le vrai et pas seulement le beau.
    Je suis moi aussi lassée de ne partager que du beau que j’aime bien entendu mais qui me fait me poser la question fatale « finalement, à quoi ça sert ? ».
    Je suis en plein à-dedans et ce n’est pas super confortable, surtout pour une blogueuse voyage. Reste à trouver un autre chemin pour continuer à partager et lier le vrai, le beau et aussi l’utile.
    Si pour moi, l’utile passe par d’autres voies que les rencontres entre femmes que tu proposes, je trouve ton projet formidable et ton parcours hyper inspirant ! Je vais suivre tes fugues, avec recul, mais toujours avec beaucoup de curiosité et un peu d’admiration je l’avoue. Tu oses être toi, t’affranchir de tes limites et de celles posées par la société. C’est beau à voir une femme qui se trouve. Alors bravo et bonne fugue !

    • Quel plaisir de lire tes lignes. Merci Olivia d’avoir pris le temps d’écrire tout ça ! Je crois que pour le blog voyage, il faut être driver par ce qui te fait PLAISIR à toi en priorité. Il y a des millions de blogs, faire « juste » des belles photos, ne suffit plus, il faut que les gens adhèrent à ta vision. Sois toi … c’est déjà pas mal, et fais un break si tu en as marre. Une respiration pour retrouver l’inspiration et peut être des idées pour faire les choses autrement ! Ce que je trouve passionnant c’est d’essayer d’oublier la notion de dimension aussi (de lecteurs, de communautés). Parfois 1 personne peut tout changer par un commentaire, un remerciement d’une adresse qui a tout changé. j’espère que tu retrouveras l’envie, c’est top ce que tu fais ! baci Alice

  • Je trouve votre article tellement juste. Il m’a profondément émue, parce qu’il fait écho en moi-même. Je suis en plein dans cette réflexion vitale, ce besoin de se sentir soi, en accord avec soi-même, de trouver un sens mais surtout de se sentir UTILE, comme vous l’avez si bien décrit.
    Je vous suis sur Instagram et vos stories, vos posts m’inspirent.
    J’ai des idées, (plein, trop !), des millions de choses à gérer comme toute maman/femme active/épouse, une envie folle de changement, de création, d’accomplissement. Comme vous l’avez dit, combien d’essai et d’echec pour une réussite, un succès.

    La vie me le dira, mais déjà merci ! Merci pour ces mots si vrais et encourageants.

    À bientôt ! Sur Instagram, ici ou ailleurs.

    • Merci Caroline pour ces mots, je suis ravie de vous lire et de sentir un écho à mes propos. Courage pour cette vie bien remplie et foncez avec vos idées ! À bientôt et au plaisir de vous lire ici, Alice

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