BOBINE
BOBINE #11 Mes meilleurs ratés
Salut les adoré(e)s !
Depuis quelques mois, j’écris chaque jour ou presque dans un carnet. Il faut dire que j’en ai tellement plein la tête que j’ai besoin littéralement d’un déversoir où mettre tout cela.
Pour y voir plus clair, déposer ce qui est trop lourd, revenir en arrière pour retrouver le sens que l’on perd parfois en cours de route.
C’est donc via le journaling (je HAIS ce mot), que j’ai mis le doigt sur le thème de cette nouvelle bobine. J’ai envie aujourd’hui de vous parler de 3 ratés fondateurs. Alors « fondateur », j’y vais un peu fort de café et cela sonne un peu dramatique ! Alors disons 3 ratés importants, qui ont marqué des tournants, qui m’ont permis de m’approprier des idées qui seraient restées des concepts vagues sans cette application un peu « forcée ».
Mon premier mariage / Arracher ma liberté
C’est mon premier grand foirage et je n’ai pas fait dans la dentelle. Du coup, j’ai eu le droit à tout, vivre un mariage dont je ne me souviens pratiquement pas, comme si je traversais un sas, être plongée dans un grand bain de critiques à un âge où l’on est encore perméable à tout et particulièrement au regard des autres, être un objet de déception immense y compris vis-à-vis de moi-même.
Je me suis mise toute seule comme une grande dans une tempête – que je ne maîtrisais pas vraiment – armée d’une seule chose, ce sentiment qu’il fallait partir en courant. Arracher véritablement ma liberté pour construire autre chose, devenir quelqu’un d’autre, avoir une autre vie (laquelle ? Spoiler, ça m’a pris 10 ans). J’ai le souvenir d’une longue apnée durant la tourmente puis d’un coup, d’avoir senti l’air remplir mes poumons de nouveau une fois mon départ annoncé. J’avais encore une succession de vagues difficiles à affronter mais le moment le plus critique, celui de la décision et de l’annonce étaient derrière moi.
Ce qui est très pénible dans cette expérience, même plus de 15 ans après, c’est évidemment d’avoir fait souffrir quelqu’un. J’ai globalement beaucoup de mal avec les décisions qui impliquent de blesser ou décevoir les autres (exemple : arrêter les fugues et devoir dire au revoir à Emilie). Me choisir « moi » me demande un effort considérable mais je crois que quand il faut… IL FAUT.
Avec ce raté, j’ai perdu mon quotidien, beaucoup d’amis, un mari (du coup), tous mes projets… mais d’une manière improbable je me suis sauvée toute seule et reconnectée à quelque chose de très profond.
Ce mariage raté c’est surtout la toute première étape d’un très long réalignement. La première sirène d’alarme de l’importance de tenir son « fil de soi », le fameux fil de la bobine ! Alors c’est drôle parce que j’ai toujours autant de mal à m’écouter aujourd’hui, à acter mes envies et mes «non», MAIS … mes capteurs sont quand même plus fins pour ne pas rater les signaux faibles, j’entends globalement un peu mieux. Et puis en cas de vraie crise, je passe à l’action avec beaucoup plus d’agilité et de rapidité, et sans créer de drame apocalyptique, si possible.
Récemment, j’ai mis le doigt sur une idée simple qui éclaire toutes les dernières années d’une lumière nouvelle : depuis le divorce, j’ai été obligée, à mon rythme, de réparer / créer une relation avec moi-même qui soit beaucoup plus forte et qui ne passe plus par les autres.
Je crois qu’une de mes erreurs avec cette séparation, c’est d’avoir énormément misé sur les autres pour combler les trous de ma personne (ma tristesse, ma déception envers moi-même, mon manque de courage à un moment etc). Il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre qu’une réparation passe entièrement par soi, doit venir de l’intérieur avant tout, avec une bonne dose d’humilité mais aussi de grâce et de douceur envers soi-même. J’ai peut être fait n’importe quoi mais j’ai vraiment fait de mon mieux.
Mon livre sur la maternité / La prophétie négative auto-réalisatrice
Il y a quelques années, une amie m’a encouragée à écrire le livre sur la maternité que je portais en moi. Je lui suis très reconnaissante car c’est l’impulsion dont j’avais besoin pour m’y mettre, je n’aurais jamais osé le faire toute seule. C’est une chose d’écrire un livre sur la fugue – même si j’y ai mis beaucoup de moi – c’en est une autre que d’écrire un livre aussi intime qui décortique une mécanique puissante de reprise de contrôle sur sa sauvagerie et sa liberté.
Je n’ai cessé d’écrire pendant un peu plus d’un an, dans mon dernier trimestre de grossesse pour ne rien oublier, tout noter à chaud, puis la première année après la naissance de Sole.
J’ai travaillé presque 6 mois avec une belle maison d’édition et une super éditrice sur ce projet. Quelqu’un qui n’avait pas la langue dans sa poche, (« le début j’ai failli arrêter et puis finalement ça monte vraiment en puissance » !) et qui croyait vraiment au texte. Couper, remodeler, réécrire, avoir donc un début plus incisif … 6 mois de travail avec Sole dans son petit siège à côté de moi, car elle est née en parallèle de ce projet.
Et puis d’un jour à l’autre, rideau, terminé, le projet du livre n’a pas passé la barre du comité et j’ai dû remballer mes rêves. Je me rappelle très bien de la seconde de bascule, quand l’info est montée au cerveau, je n’arrivais plus à respirer ni à en parler. J’ai mis du temps (des années = je suis LENTE) pour prendre du recul et mieux comprendre ce que ce raté était allé toucher.
La vraie responsabilité n’est évidemment pas du côté de la maison d’édition mais du mien : ai-je vraiment cru sérieusement à un moment au succès de ce projet ?
Franchement non, jamais.
Je me rappelle marcher comme sur des oeufs, en me chuchotant « fais bien ce qu’on te dit car sinon ils vont se rendre compte de l’imposture ». J’étais tétanisée devant cette opportunité, qui plus est dans un moment d’immense fragilité, celui de la naissance et du post-partum. Du coup, j’ai lancé ce que ma formation de coaching appelle une « prophétie négative auto-réalisatrice » => => en pensant si souvent à l’échec d’un projet, en se voyant le foirer en permanence, il y a très peu de chance que le destin se charge de changer ce final que vous prévoyez pour vous-même. J’étais tellement persuadée que je ne méritais pas de toucher du doigt ce rêve là, qu’il était trop grand, trop beau, trop ambitieux pour moi-même … qu’évidemment, je me suis étalée.
J’en ai retiré plusieurs choses. Plein de choses en fait !
Déjà quand on est autant blessé au coeur par un échec c’est qu’il y a des éléments à dénouer dans la mécanique de l’événement. Pourquoi est-on touché comme ça ? Quel type de vérité chez nous cela vient-il titiller ? Pourquoi prendre les choses aussi personnellement ?
En tant qu’hypersensible, j’ai très longtemps pris les critiques en niveau de mon identité, de ma personnalité, je ne savais pas mettre la distance nécessaire pour « analyser positivement un retour négatif », en gros, y voir une opportunité pour grandir et m’améliorer.
Il y a aussi cette idée centrale que je dois me battre beaucoup plus fort pour les rêves profonds qui m’animent. Publier ce genre de livre, ce n’est pas un mini objectif, c’est LE GROS, donc évidemment que c’est compliqué Alice, que se prendre des gros vents fait partie du chemin et qu’il faut travailler.
Je me suis aussi rendue compte que j’avais beaucoup plus peur du succès que de l’échec. Assumer de briller dans mon full potentiel d’autrice, c’est une vraie étape de développement pour moi et franchement je n’y suis pas encore. Je dois travailler ma confiance en moi et une forme d’attitude beaucoup plus positive. Y CROIRE EN SOMME pour moi-même avant que d’autres ne se greffent sur le projet. Le trou béant laissé dans ma confiance en moi a mis du temps à se combler. Ça va mieux aujourd’hui car quelques années après, je me rends compte que mon envie d’écrire est toujours là, elle n’a pas bougé d’un millimètre.
Et puis la vie a quand même le secret pour imposer des timings tout à fait improbables et j’aime bien ce qu’une conférencière américaine se dit à elle-même quand elle est déçue que quelque chose ne se déroule pas comme elle l’aurait souhaité : not right now, not like this, I have something better planned ! En gros, « pas maintenant », « pas comme ça », « j’ai un truc bien meilleur en réserve pour toi » !
Conclusion, ce projet là aura son grand moment, il n’est simplement pas encore arrivé. Pour ma santé mentale et ma confiance en moi, j’ai donc décidé sagement de passer ce sujet du « livre » sous embargo total. Tant que je ne signe pas le B.A.T. du bouquin, ce sera motus et bouche cousue, sans teaser, sans mise en scène. Juste moi, mes rêves et beaucoup de travail. PS : je manifeste très fortement l’idée de trouver l’éditrice de ma vie (je la vois déjà dans ma tête).
Franchement non, jamais.
Le deuxième Rassemblement de fugueuses / Faire un choix
J’ai mis un moment à trouver un 3ème raté qui soit au niveau des deux premiers et celui-ci a fini par s’imposer.
J’ai organisé un premier rassemblement de fugueuses en 2023, 100 femmes avec Emilie et moi-même à Paris pour faire vivre l’esprit de la fugue, se faire rencontrer les bandes de fugueuses entre elles, vivre une soirée karaoké spritz de retrouvailles et plein de moments italiens à Paris. Le KIFF total.
On a eu envie de remettre le couvert l’année d’après et avions fixé novembre 2024. Sauf que cette fois-là nous avions envie de passer le niveau du dessus en organisant des festivités XXL : un restaurant exceptionnel pour nos retrouvailles, un apéro de bienvenue dans une galerie parisienne privatisée, des ateliers et talks avec des gens géniaux tout le weekend. Des mois intenses de préparation dans le détail, de communication auprès des fugueuses, de gestion des partenaires que nous n’avions pas durant le premier rassemblement.
Et patatra.
Une semaine avant le rassemblement, mon père qui était déjà malade depuis plusieurs années vit un événement qui nous alerte. C’est suffisamment grave pour que, après 48h de « j’y vais, j’y vais pas », ma mère me dise « il faut que tu viennes ». Le plan était donc de partir de Nice quelques jours après pour rejoindre Emilie à Paris. Je n’en verrai finalement pas la couleur car la situation est critique, nous vivons les derniers moments avec mon père, je décide de laisser tout le monde en plan et de me concentrer sur ma famille.
Comme dans toutes les décisions où l’on est les fesses entre deux chaises c’est à dire sans les informations objectives parfaites pour décider, il faut « écouter » la réponse monter de l’intérieur, parfois rationnelle, parfois moins. Mais c’est comme ça, la bonne réponse me semble être celle qui s’impose toute seule, qui trouve la voie du coeur en jaillissant malgré X ou Y. C’est aussi la réponse qui est la plus « tenace » après avoir fait des listes de pour et de contre, celle qui est toujours là, comme un phare, quand nous nous débatons avec nos doutes, culpabilités et questionnements. Combien de fois, nous nous disons « au fond, je le savais ». C’est cette connexion là à soi, qu’il faut aller chercher quand une décision doit être prise, qu’elle fait mal mais qu’elle est nécessaire.
Si je suis consciente d’avoir mis un paquet de responsabilités sur le dos d’Emilie qui est partie seule, je savais aussi qu’elle était parfaitement capable de gérer. Si j’ai eu peur de décevoir les fugueuses, je savais aussi, vu le degré d’intimité créé par le projet des fugues, qu’elles, avant tout autre personne, comprendraient.
Je ne pourrais jamais regretter d’avoir tenu la main de mon père jusqu’au bout, d’avoir lu ce que je voulais lui lire, dis ce que je voulais lui dire, écouter ce que je voulais absolument qu’il écoute.
Là, dans cette chambre d’hôpital, avec ma mère et ma soeur, accompagnées d’un ciel niçois bleu cru, j’ai réussi à vivre un moment extraordinaire qui est gravé dans mon coeur pour toujours. L’assurance d’avoir été exactement là où je voulais être pour faire ce que je voulais vraiment faire. Alignée, bien droite dans mes bottes.
MES QUESTIONS
REGARDER DANS LE RÉTRO Bien souvent, il est plus simple d’analyser ses ratés avec un peu de distance… et une nouvelle forme de bienveillance.
Réussissez-vous à penser à des « ratés » qui vous ont marquées ?
Des mois, années plus tard, avec la tête froide, y voyez-vous un enseignement à en tirer ? Un exercice simple mais très efficace : Si vous deviez dire « merci » à ce raté, que lui diriez-vous ?
EFFET PAPILLON La vie n’est pas une suite de moments sans connexion, c’est un grand livre qui avance avec des chapitres qui s’enchainent. Parfois un raté dans un chapitre a permis – et vous ne pouviez pas le savoir sur le moment ! – de vivre le chapitre enchanté après.
Cela vous est-il arrivé ?
Est il possible du coup, de cultiver finalement un sentiment positif à l’égard de ce raté, qui fait office de première marche vers un succès, une histoire d’amour ou autre ?
PEUR DU SUCCÈS On parle souvent de la peur de l’échec mais plus rarement de la peur du succès.
Comment vous sentez-vous devant cette idée de briller fort de votre plein potentiel ? À l’aise ou envie de raser encore un peu les murs sans tout assumer ?
Qu’est ce qui pourrait vous donner le courage de vivre pleinement votre succès? Ecrire et le mettre noir sur blanc ? Définir un plan d’attaque vraiment précis ? En discuter avec un coach ou un thérapeute ?
MES RESSOURCES
LE GRAND SAUT Le problème de la limite supérieure (peur du succès) est un concept tiré du livre « Le Grand Saut » (The Big Leap) de Gay Hendricks. Il s’agit d’un plafond intérieur inconscient, une sorte de thermostat émotionnel, qui nous empêche de maintenir un niveau élevé de réussite, de bonheur ou d’amour, nous poussant à l’auto-sabotage … quand tout va trop bien. ICI
L’ECHEC, CE GROS MOT Je viens de commander le livre »Les vertus de l’échec » de Charles Pépin pour creuser encore plus ce thème du raté. »…cet essai nous apprend à réussir nos échecs. Il nous montre comment chaque épreuve, parce qu’elle nous confronte au réel ou à notre désir profond, peut nous rendre plus lucide, plus combatif, plus vivant« . Ça vous parle ? ICI
ECHEC, DOUTE, JOIE Je suis retombée sur un article que j’ai écrit en 2019, au moment de la création des fugues. Il insiste sur les 50 Échecs pour 1 succès visible, je vous le remets ICI (et oui, apparemment je commence à me citer moi-même, flippant)
MON ACCOMPAGNEMENT Nouveau chapitre de vie ? Envie de vous sentir bien droite dans vos bottes alignée à vos valeurs et nouvelles envies ? Imaginer votre suite et organisant très concrètement les étapes pour accéder à ce nouveau quotidien ? Quelques places d’accompagnement avec moi se libèreront à partir de mai 2026. N’hésitez pas à m’écrire à [email protected] !
Par Ali
Poursuivre le voyage...
Dolce Vita
DOLCE VITA, de la difficulté d’être soi
BOBINE
BOBINE #10 Devenir Coach
Bons baisers de