AlidiFirenze

Sur les routes d'Italie avec Ali !

DOLCE VITA, se réinventer encore

Je n’ai jamais abordé le sujet de mon divorce sur le blog et les raisons sont pour moi évidentes. Blessures qui se referment doucement avec le temps qui passe, respect des douleurs de chacun et aucune envie de s’étaler sur un « vieux » sujet quand la vie continue son cours et offre bien des opportunités pour aller de l’avant.

Du coup, qu’est ce qui me pousse aujourd’hui à ouvrir mon clapet, comme ça, pour accompagner « en toute légèreté » la nouvelle année ?

Figurez-vous que j’ai vu un coach fin novembre pour discuter de toutes mes interrogations liées au travail, au fait que je me sentais sans véritable objectif et avais perdu l’envie d’avancer. En discutant avec Sophie, elle a fini par me poser la question que j’évite toujours scrupuleusement mais qui finit forcement par me tomber dessus « Mais au fait, comment es-tu arrivée à Florence ? ». En général, je regarde mes pieds, cherche une blague (humour = meilleur rempart) puis bidouille une réponse neutre. Cette fois-ci, vu que la séance avait pour objectif d’échanger pour progresser, j’ai fini par lui cracher le morceau. Je suis arrivée avec un français pour une durée déterminée de 4 ans. On s’est marié. Puis je suis tombée amoureuse deux fois. De ma vie ici en Italie, puis d’Andrea.

Elle était surprise mais pas choquée, m’a dit que ça donnait une profondeur à mon « personnage » et au blog, car sinon on pouvait avoir une image de moi en mode « Carrie Bradshaw version Italie fait du shopping chez Dolce & Gabbana » – Merci Sophie ! – et elle m’a immédiatement demandé si j’avais déjà partagé sur mon site mon histoire : ma réponse fut limpide HEUUUU NON MERCI MADAME, PLUTÔT MOURIR.

Mais cette discussion m’a fait réfléchir. Car plus mon cerveau moulinait, plus une vérité me sautait aux yeux. J’ai créé le blog toute seule dans ma chambre en pleine tempête du divorce. Je venais de déménager à Santo Spirito et le site est devenu une fenêtre sur un nouveau monde qui m’éloignait de l’ancien, une maison imaginaire venant accueillir mon tout nouveau moi. Car un divorce est loin de se limiter à la vie amoureuse, il dérange, bouscule les amitiés, secoue la famille et a eu le mérite de remettre totalement à plat mon rapport avec les Autres et avec moi-même.

Un divorce va au delà d’une simple séparation, ce sont aussi des retrouvailles. Sincères, profondes, totales, avec moi-même, avec celle que j’étais à 7 ans, à 15 ans, encore un peu à 20 ans et plus vraiment à 25.

Ma copine Cécile qui me connaît depuis toujours, m’a répondu du tac au tac quand je lui ai annoncé que je divorçais « C’est bien. On a cru qu’on allait te perdre pour toujours ». Elle sait, elle aussi, qu’il était difficile d’anticiper que je prendrais un virage aussi serré.

En ce moment, les soucis liés à ma recherche de ce que j’ai vraiment envie de faire côté boulot me trainent sur un terrain très personnel. J’ai vu Sophie, mon amie Georgette du blog Girl in Florence et puis j’ai discuté aussi beaucoup avec vous. Mon projet de vidéos pour 2018 (que j’ai hâte !!!) n’est pas anodin par rapport à toutes ces réflexions sur moi-même, car il est en lien direct avec mes plus belles années, mes années Théâtre.

Pendant 6 ans, j’ai pris des cours avec ma meilleure amie Morgane. Puis pendant 2 ans, j’ai joué jeudi-vendredi-samedi-dimanche, en parallèle de la fac dans un petit théâtre. C’est quelque chose que je faisais pour moi, qui me nourrissait de façon extraordinaire. Que des comédies. Que des conneries. Mais une liberté, des ailes dans le dos 4 soirs par semaine où l’objectif était sans équivoque, faire rire, donner du plaisir à un public. J’ai abandonné tout ça car c’était le moment des études puis le début de la vie active. Mais j’ai laissé une partie de moi-même au 5 rue de la poissonnerie à Nice et c’est cette partie que je suis en train de chercher en ce moment.

Alors ne me demandez pas comment je réussis à lier des sujets aussi distants que mon divorce et le théâtre ! Mais je crois que l’idée de fond c’est la réinvention permanente de soi-même, le lien qu’il faut entretenir avec qui on est vraiment et ses envies. La vie fait qu’on digresse doucement mais sûrement vers des cadres assez figés, où il est de plus en plus difficile de s’exprimer. À chacun d’avoir la force, et le courage de réinventer sa vie si elle ne correspond pas à son idéal.

Je me suis rendue compte les dernières années qu’en sortant de ma zone de confort, il se passait toujours des trucs fous. Je suis donc à l’affut de cette boule au ventre, car elle signifie bien souvent que je suis sur la bonne voie pour avancer et profiter de cette vie qui file à une vitesse folle.

Alors je vous souhaite une merveilleuse année 2018, en insistant lourdement sur l’estime de soi, en espérant que vous aussi saurez imaginer un projet qui vous comble, vous fait très peur et vous fait sentir vivant !

Baci (ou Amen, vu qu’à la relecture on dirait vraiment un sermon)

Ali

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Photo By: Alex Dani
6 Discussions on
“DOLCE VITA, se réinventer encore”
  • Merci, Alice, de ce beau et touchant partage. Le petit théâtre que tu évoques, je le connais bien! Ma mère avait un appartement au numéro 2 de la même rue, en face de l’eglise Sainte Rita (patronne des causes désespérées, ha ha)!

    C’est precisement ce divorce qui t’a, certes en partie, construite et façonnée telle une tu es aujourdhui. Et je vis te le dire en itlien, pour le coup: quest’anno, fai nuovi errori. Perché se stai facendo errori, stai facendo cose nuove, provando cose nuove, spingendo te stessa oltre i limiti. Stai cambiando te stessa, e così stai cambiando il mondo. Fai nuovi gloriosi e stupefacenti errori. Non congelarti, non preoccuparti che non sia abbastanza buono. Fai i tuoi errori, quest’anno è per sempre!

    Bacioni da Amanda

    • Grazie Carissima ! Buffo che hai vissuto al numero 2 della strada ! è una zona favolosa. Grazie per le parole carine che danno tanta forza per continuare questo piccolo percorso ! A prestissimo sul blog, Ali

  • Témoin de cette douloureuse période, je suis juste heureux de voir où tu en es aujourd’hui… et tu sais quoi, les ailes dans le dos, on dirait bien qu’elles ont repoussé … reste juste à prendre ton envol.
    Baci e buon anno

    • Bonne année Patron !!!!! Trop sympa de te lire ici 🙂 C’est vrai que tu m’as récupérée dans un état lamentable au début d’Aruba hahahaha, dieu merci, le temps est notre meilleur ami. À bientôt, j’espère que ta petite famille se porte bien.

  • Première fois que je commente ici bien que je te suis depuis quelques années.
    Je suis très touchée par ta sincérité. J’ai vécu une chose comparable après le décès de ma mère il y a quatre ans. J’étais complètement perdue. Je n’arrivais pas à changer les choses qui ne me convenaient plus. Après plus d’une année à chercher ce dont j’avais envie, j’ai consulté une psy qui m’a posée les bonnes questions. J’ai pu mettre des mots sur mes douleurs et mes peurs et reprendre ma vie en main. Pas exactement la même vie qu’avant, puisqu’un élément essentiel n’y était plus, mais une nouvelle vie avec une nouvelle « moi », plus forte, plus sûre d’elle, plus femme certainement aussi. Dans quelques mois, je quitte mon travail actuel et je me lance dans le montage d’une entreprise, encouragée par mon compagnon. J’ai peur, mais cette peur n’est plus paralysante, mais stimulante.
    Je suis impatiente de voir dans quelle direction va ton blog. Bacci

    • Chère Caroline, merci infini pour ton message si personnel. Je n’avais pas mesuré la portée de cet article, j’ai vraiment reçu des messages incroyables comme le tien qui me donne envie de continuer. Pour la première fois, je ne sais pas où je vais, mais j’y vais. Je vais essayer de me laisser moi même un peu en paix, prendre une grande respiration et faire confiance à cette aventure. Bravo pour ton parcours ! C’est si important de prendre le temps de comprendre ce qui nous arrive, quand on sent que la machine n’est plus sur le bon set de rails. Bon courage (et merde merde merde) pour ton projet boulot !

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