AlidiFirenze

Sur les routes d'Italie avec Ali !

Luxe, calme et volupté à Portofino

Jeudi matin 8h30 mi-octobre, je sillonne le bord de mer de la Ligurie, direction Portofino. Même si elle est loin d’être une destination italienne top secrète, je meurs d’envie de visiter le village qui cristallise tous les mythes de la Dolce Vita et d’une jet set chic des années 60 et 70 qui n’existe plus. En évoquant les lieux autour de moi, j’entends parler souvent de petit Saint-Tropez. Je suis curieuse de voir par moi-même si le village a su conserver son âme de pêcheurs ou s’il l’a vendu sur l’hotel du tourisme.

À 8h30 donc, en quittant l’autoroute à Rapallo, je rejoins Santa Margherita puis attaque la petite route qui serpente en bord de mer jusqu’à Portofino. Le matin, le soleil tape de ce côté là, et à chaque virage, on découvre une maison-palazzo à flanc de falaise, des criques accessibles via des escaliers escarpés, une nature qui déverse ses pins et ses senteurs au-dessus de la mer, une eau transparente qui varie du bleu au vert émeraude.  Oui, là tout de suite je suis dans un rêve. Je suis dégoutée, il m’aurait fallu une décapotable.

Arrivée à Portofino, je suis vivante, et c’est déjà pas mal, quand on voit la taille des bus qui circulent sur la mini route. Pourtant à double sens, j’ai serré les fesses à chaque virage ! Je me gare dans l’unique parking du village. Côté tarif, il annonce la couleur, cette journée va me couter un bras, et la maison-palazzo repérée sur la route est sûrement celle du propriétaire du parking. En même temps un seul parking … pas bête pour contenir le flot de touristes dans un lieu minuscule et pour tester la patience des vacanciers en plein été : il faut attendre parfois plus d’une heure pour stationner … ou alors il faut rebrousser chemin !

9h, je descends la via principale, via roma direction le port. La vie commerçante démarre doucement, tout le monde a l’air de bonne humeur, y compris les 2 policiers à qui je vais demander où prendre un café. Car oui, partout en Italie, je demande aux locaux, aux pêcheurs, aux ouvriers, où ils vont prendre un verre ou manger des pâtes. Le meilleur moyen de me faire un carnet d’adresses de qualité. À part au café Excelsior (le plus ancien café du village remis à neuf) le café reste au comptoir un produit bon marché, 1 euro symbolique. Je vais le prendre accompagné d’une brioche chez Mariuccia sur le port. L’intérieur est moche, le café est bon, l’addition de 2,30€. Ça me va.

Je suis totalement seule à Portofino et je profite du calme pour admirer le panorama à 360° depuis le port. Les bâtiments, leurs couleurs me font battre le cœur plus vite, car j’ai cette sensation d’être rentrée à la maison, à Nice. Les bateaux proposent un mix de Yachts surdimensionnés et de pointus à petit moteur. L’Eglise tout là-haut, le château. Puis cette masse verte, la nature présente absolument partout. Quelle merveille, quelle vision.

10h, Alex mon photographe arrive, je vois à son sourire qu’il est aussi content que moi d’être arrivé tôt. Nous faisons quelques photos puis montons tout au fond du village chez Niasca Portofino. Ce producteur du coin propose des limonades, pesto, et autres merveilles cuisinés avec des ingrédients du territoire. Le joli entrepôt ne propose pas (encore) les produits à la vente, pour ça il y a un e-commerce, mais offre des expériences Made in Liguria : cours de cuisine, préparation de pâtes fraîches, de sauces, fabrication de pesto au mortier, pique-nique avec vue dans la nature sur les hauteurs du village, dégustation de vin (Vermentino délicieux !). Bonne nouvelle, le lieu est ouvert toute l’année (de novembre à mars, le reste du village est mort).

11h30, nous redescendons sur la piazzetta et allons gouter les glaces de la Gelateria San Giorgio qui date des années 60. Les prix sont astronomiques comparés au reste de l’Italie mais la glace Mandorla Salata y est extraordinaire.

Nous longeons le port à gauche et commençons à grimper direction le Belmond Hotel Splendido où nous avons rendez-vous ! Cet hôtel mythique qui surplombe Portofino est le nec plus ultra de l’hôtellerie de luxe. Si vous avez déjà eu la chance de mettre un pied dans un Belmond hôtel, vous savez de quoi je parle. Nous grimpons et avons manqué l’escalier nous emmenant directement à l’hôtel. Pas grave, nous faisons le grand tour par la route, ce qui nous donne l’occasion de faire quelques photos sur une plage de galets minuscules devant le Piccolo Hôtel. Ce dernier jouit aussi d’une sacrée position, pratiquement au raz de l’eau.

Arrivée au Belmond Hotel Splendido, c’est la carte postale. On y jouit d’une vue de dingue sur le promontoire, et je me jetterais bien ni vue ni connue dans la piscine. Le luxe à l’état pur. Un conseil pour ceux qui n’ont pas les moyens d’y séjourner, y réserver une table pour diner sur la terrasse, ou bien pour un aperitivo !

On redescend par le sentier secret et arrivons dans le village en 3 minutes chrono. Direction Ö Batti pour le déjeuner. J’ai entendu parler de ce restaurant par des italiens qui fréquentent la zone et j’ai été attirée par la position reculée (pas sur la place mais à l’intérieur du village). Franchement, 10/10 !

On a testé les pâtes au pesto, préparées avec les pommes de terre et les haricots (la véritable recette), la pasta alle vongole, et une pâte au ragout de poulpe citronné. Je me lèche encore les babines. L’addition est fort raisonnable pour Portofino, le plat de pâtes succulent oscillant entre 15 et 17€.

On va sur le port prendre un petit café en terrasse au Restaurant Chuflay (Belmond Splendido Mare). Pas donné, mais avec la vue sur le port, on est évidemment très content. À noter, le restaurant possède un bar super sympa avec piano, il faut y aller le soir après diner !

Côté shopping, je ne m’attarde pas, pour moi, il n’y a RIEN. Les boutiques de luxe m’ont semblé toutes ridicules (qui a envie d’acheter du Dior à Portofino ?) et elles prennent leur quartier dans les plus beaux immeubles typiques. Quel dommage…  Pas sûr que les pêcheurs il y a 50 ans aient vu venir le coup. Si vous souhaitez quand même flâner et faire du lèche-vitrine, allez voir du côté de la via calata marconi (en regardant la mer à gauche), je me rappelle une jolie boutique avec des produits pour la maison.

14h, direction le Phare ! Nous grimpons le joli sentier et nous nous arrêtons à l’église. La vue sur le village et la côte y est précieuse. Nous poursuivons le chemin, la nature a repris le pouvoir nous laissant entrevoir les criques de rêve entre les branches. La balade dure un bon quart d’heure et quel bonheur de fuir les touristes. Là nous sommes seuls, avec le cui cui des oiseaux, les vagues qui frappent les rochers. Au bout du chemin, quelques marches en pierres vers le phare puis c’est la mer à perte de vue. Divine et régénérante.

Bilan ? J’ai adoré Portofino, je l’ai vécu comme une carte postale. Pour quel le village conserve sa magie, il faut y passer à une heure stratégique : le matin très tôt seul dans les ruelles et sur le port, mais aussi très tard, une fois que les bateaux taxis ont terminé leur circuit. Alors le village retrouve sa sérénité. Si vous venez en pleine journée, c’est la mort. Prenez de la hauteur et fuyez vers le phare !

Il y a 40 ans, Portofino devait être quelque chose de grand, un mélange de nature brute, de jet set italienne bohème.

Un chic teinté de simplicité, dans un humble village de pêcheur…

L’après-midi, nous sommes partis en virée sur la côte. Vous venez ?

CARNET D’ADRESSES :

  • Parking, Piazza della Libertà, 13/A
  • Cafe Mariuccia, Piazza Martiri dell’Olivetta, 27
  • Niasca Portofino , via del Fondaco 12 A tel. 0185.269069 niascaportofino.it Leurs produits sont vendus chez Eataly
  • Gelateria San Giorgio, Piazza Martiri dell’Olivetta, 63
  • Belmond Hotel Splendido, Viale Baratta, 16 tel. 0185 267801
  • Restaurant Ö Batti vico Nuovo 17, Portofino tel. 0185 269379
  • Autre restaurant (plus cher mais sur le port) : Puny. Apparemment un grand classique mais je ne l’ai pas testé. Mon amie Margarita qui est concierge de luxe y envoie ses clients les yeux fermés ! tel. 0185 269037
  • Restaurant Chuflay (Belmond Splendido Mare) pour un café, un déjeuner, un verre après le diner. Ouvert tous les jours (en saison) de 12h30 à 14h30 et de 19h30 à 23h30. Dress code : pas de t-shirts, ni de shorts. Piazza Martiri Olivetta 1/1/A +39 0185 2678 501 reservations.spl@splendido.com

VOUS LOGER :

Envie d’un palace mais pas les moyens pour Portofino ? Rabattez vous sur Santa Margherita et l’hôtel Imperiale. L’occasion de sillonner la côte magnifique les cheveux au vent pour aller prendre un verre à Portofino.

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Photo By: Photo Alex Dani, Texte Alice Cheron
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