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Une Française en filature à Florence

HONEYMOON SAGA / Amélie et Thomas aux îles éoliennes

Cela fait presque un an que j’ai ce petit contenu dans un coin de ma tête…Je voulais proposer une série d’articles écrits par des lecteurs qui auraient passé leur voyage de noce en Italie!  On démarre par le récit passionné et passionnant d’Amélie et Thomas dans les sublimes îles éoliennes. Amoureux, futurs mariés, à vos carnets de note!

 

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Je fantasmais d’une destination ensoleillée, dans la lumière absolue de l’Italie.

Mon cœur tend inlassablement vers le Sud et mon âme vagabonde souvent entre les citronniers et les figuiers de Massa Lubrense, ce charmant petit port de pêche niché sur la côte amalfitaine où j’ai passé d’inoubliables vacances il y a quelques années.

Thomas, mon jeune et beau mari, le sait, il me connait. Lorsqu’il m’a dévoilé la destination de notre honey moon, j’étais émerveillée : les îles éoliennes! Ces mots si fabuleux m’ont d’emblée médusée. Et lorsqu’il a ajouté que nous embarquions à bord d’un voilier, alors là, mon cœur a chaviré.

 

Etape 1 : Catania

C’est là que notre escapade a réellement commencé après avoir passé quelques jours chez ma Nonna dans le Veneto et fait un saut de puce chez nos amis à Treviso.

L’Ostello degli Elefanti est l’un de mes spots fétiches lorsque je suis en transit à Catania. C’est une auberge de jeunesse très stylée dans un palais XVIIème située pile entre la Piazza Duomo et la Piazza Università, l’épicentre de la ville. J’adore le les fresques baroques qui ornent les plafonds et qui contrastent avec les petits cadres design qui décorent le lounge avec Wifi. La cuisine est divine et les prix tellement abordables que l’on peut tout goûter (c’est comme cela que j’ai commandé tous les antipasti!). Le soir on sirote un verre de Nero d’Avola sur le toit avec d’autres voyageurs en observant l’Etna qui poudroie.

Le soir on sirote un verre de Nero d’Avola sur le toit avec d’autres voyageurs en observant l’Etna qui poudroie

Je vénère complètement la cuisine italienne et la Ciciulena est mon restaurant préféré à Catania. Pour ses plats surprenants qui allient à merveille tradition sicilienne et originalité (les poissons crus sont à tomber), pour ses vins délicieux, pour son chef, élégant et précautionneux, pour les catanais très chics qui le fréquentent et bien sûr pour l’originalité du décor très green avec sa mousse naturelle fluo qui s’agrippe aux murs.

Pour se balader, je vous conseille les jolis jardins Bellini. N’hésitez pas à prolonger par un délicieux arancino (boulettes de riz farcies de sauce bolognaise et panées), un shakerato ou une pâte d’amandes chez Savia, le meilleur bar de la ville, juste en face des jardins.

S’il vous reste, comme moi un peu de temps avant de prendre l’hydroglisseur à Milazzo, je vous conseille d’effectuer une visite guidée du monastère des Bénédictins, le deuxième plus grand d’Europe. J’ai vraiment adoré ce lieu, atypique et stupéfiant, dont chaque recoin, des cloîtres aux fabuleux jardins en passant par les cuisines et les sous-sols, illustre à merveille l’histoire de Catania marquée par des coulées de laves, des tremblements de terre et d’intrigantes luttes de pouvoir. Aujourd’hui il s’agit du siège de la Faculté de Lettres et Philosophie de l’Université de Catane (et moi de me demander, in petto, pourquoi j’ai fait mes études à l’Università Cattolica de Milano).

  • L’Ostello degli Elefanti, Via Etnea, 28 Catania / +39 095 226 5691, www.ostellodeglielefanti.it
  • La Ciciulena, Via Antonino di Sangiuliano, 207 95131 – Catania / +39 095 8164047
  • Le monastère, www.monasterodeibenedettini.it
  • Savia, via Etnea, 302, 95131 Catania, +39 095 322335

 

Etape 2 : Lipari

Cette île est la plus grande de tout l’archipel et c’est le port d’attache du catamaran de Marco, skipper de choc, booké sur Viaggi a Vela.

Son voilier s’appelle Azul, n’est-ce pas d’une exquise poésie ? Je n’avais pas encore franchi le ponton que déjà j’étais transportée sur les flots de la Méditerranée tant le nom incarne à lui seul toutes les nuances de la mer et des cieux.

Mais avant d’embarquer pour de bon, j’ai flâné, mon nouvel appareil photo argentique au poing, dans les ravissantes ruelles de Lipari. Il y a plein de boutiques pour les touristes dans lesquelles on ne sait pas trop quoi acheter. Mais en regardant bien, j’ai déniché de pures merveilles : de la Malvasia, ce vin doux aux notes de miel et de gingembre pour la bonne humeur à bord du bateau, une sublime lampe en rotin confectionnée par un pêcheur devant mes yeux admirateurs et un patch miracle anti-mal-de mer. J’ai même réussi à convaincre mon chéri d’acheter un vase baroque, typique de l’artisanat de Caltagirone, représentant une tête de maure à bâbord et le visage de sa bien aimée de l’autre côté. Parmi mes arguments abracadabrants : la rareté de l’objet (qui d’ordinaire n’arbore qu’un seul faciès) et le fait qu’il s’agissait de toute évidence, d’un signe du destin, aucun objet sur terre ne pouvant mieux que lui incarner notre union : lui d’un côté, lié à moi, de l’autre côté, pour l’éternité, grâce à l’exquis modelage de la céramique et la créativité mirifique de Luigi, l’artisan en question.

Il s’agissait de toute évidence, d’un signe du destin, aucun objet sur terre ne pouvant mieux que lui incarner notre union : lui d’un côté, lié à moi, de l’autre côté, pour l’éternité

Nous sommes allés contempler le coucher du soleil depuis l’église de Quattropani, un balcon sur la mer, sans conteste la plus belle vue de la ville puis nous avons dîné au Filippino, très touristique mais très bon. Notre journée s’est achevée dans la joie de toutes ces dernières découvertes et emplettes sur la place très animée Marina Corta. Je vous conseille vraiment d’aller admirer le magnifique et incontournable « preseppe del Mare » (entendez une crèche qui remplit la moitié de l’église et qui illustre en miniature toute la vie du port) dans l’église d’à côté, c’est vraiment onirique. Parfait comme dernière image avant d’aller sagement se blottir dans la cale, bercés par les flots.

Pour ceux qui ne voyageraient pas en bateau, on m’a dit le plus grand bien de Casajanca, un hôtel avec une petite piscine thermale nichée dans le jardin et des noms de chambres aussi exotiques qu’inspirants (Fico d’India, Ginestra, Iris, Limone, Melograno..). Il parait que le b&b Al Salvatore est très agréable aussi.

  • www.viaggiavela.it
  • Ristorante Filippino, piazza Municipio, 98055 Lipari / +39 090 981 1002
  • Casajanca, Via Marina Garibaldi, 115 – 98055 Canneto / +39 090 9880222, www.casajanca.it
  • B&B Al Salvatore, contrada San Salvatore, 98055 Lipari, www.alsalvatore.it

 

Etape 3 : Filucudi

L’un de mes plus grands bonheurs, lorsque je navigue, c’est de m’extirper de la cabine directement par le hublot, dès potron-minet et plonger, ou encore mieux faire une bombe dans l’eau cristalline. C’est ce que j’ai fait et répété tout le long du voyage au gré de nos mouillages, dans des criques toutes plus paradisiaques les unes que les autres.

L’un de mes plus grands bonheurs, lorsque je navigue, c’est de m’extirper de la cabine directement par le hublot

Car dans l’archipel des îles éoliennes, je vous jure que la beauté irradie à chaque encablure parcourue. Vraiment.

Nous sommes arrivés au port de Pecorini sur l’île de Filicudi juste avant le coucher de soleil. Au début je n’ai vu que des enfants qui couraient, insouciants et joyeux, sur la plage. C’était magique et j’ai imprimé cette carte postale riante en moi. J’avais l’impression d’être au pays imaginaire. En second plan, leurs parents, prenant leur temps, alanguis sur des foutas multicolores et partageant des verres sur la terrasse du charmant restaurant et maison d’hôtes la Sirena.

Ici comme à Alicudi, le temps semble suspendu et la philosophie est vraiment baba-cool : on accoste en barque et on rejoint sa maisonnette en chantant accompagné d’un âne pour porter ses bagages. J’enjolive à peine. Une parenthèse enchantée.

Pour l’apéro, toute la gypset se retrouve au Saloon ou à la Sirena, deux bars les pieds dans l’eau et ensuite on se régale de friture de poisson directement sur le port ou on s’installe plus confortablement à Villa La Rosa, un bar restaurant pizzeria disco, très prisé et célèbre pour son carpaccio de pesce spada et ses maccheroncini con il nero di seppia. On finit la soirée, sur la plage, bercé par le clapotis des vagues en contemplant le ciel couvert d’étoiles.

J’ai quitté l’île en me faisant la promesse sincère d’y revenir à chaque vacance avec mes enfants plus tard. Je louerai alors la craquante casa dell’Ibiscus, ou la casa del Mulino, moins couteuse mais tout aussi charmante.

  • La Sirena, via Pecorini a Mare, 98050 Filicudi /+39 090 988 9997, pensionelasirena.it
  • Le Saloon, www.filicudisaloon.it
  • Villa la Rosa, Via Rosa, 24 – 98050 Filicudi / +39 090 9889965, www.villalarosa.it
  • Casa dell’ibiscus, www.alicudi.net/ita/ibiscus.htm
  • Casa del Mulino, www.alicudicasamulino.it

 

Etape 4 : Salina

Nous avons fait escale à Salina, la plus verte des îles. Ses sols, volcaniques, très drainants sont particulièrement fertiles. La nature en plus d’être exubérante – on pérégrine entre les bougainvillées, les manguiers, les hibiscus – est aussi très inspirante.

Bougainvillées, manguiers, hibiscus

L’odeur du figuier me rend complètement dingue. Une odeur végétale, vive, singulière. A Paris, il me suffit de me mettre une goutte de Ninfeo Mio ou d’Eau d’Hadrien d’Annick Goutal dans les mains pour me sentir téléportée en Italie. Imaginez donc mon état à Salina, des notes de bergamote, de citronniers et de figuiers plein le nez. Une promenade olfactive explosive. Quel bonheur !

Pour le déjeuner, un ami nous a recommandé un petit bar excentré, da Alfredo à Lingua, pour goûter la spécialité du coin : le pane cunzato, un pain que l’on agrémente à l’envi d’olives, de câpres, de tomates, de ricotta, d’oignons rouges et de pesto d’amandes. C’est simple et savoureux, idéal pour un repas rapide. Terminez avec une granita aux fruits, vous ne le regretterez pas !

Sur le chemin du retour vers le port, faites une halte à l’agriturismo Al Cappero, ils vendent des câpres et des cucunci (fleurs du câprier) délicieux.

J’ai découvert I Cinque balconi par hasard. C’est une adresse parfaite pour séjourner sur l’île. Les chambres sont confortables, joliment décorées et le jardin intérieur, souligné de quelques tables est l’endroit idéal pour se laisser aller à une paresse toute estivale et prendre un jus de fruits pressé.

Le soir nous sommes allés dîner au restaurant Porto Bello. C’est un lieu assez fréquenté et assez raffiné, idéal pour prolonger la soirée. Pour dormir, j’ai repéré l’hôtel Signum, vraiment très élégant et le luxueux resort Capofaro, pour ceux qui veulent prendre leur temps et faire du sport.

  • Da Alfredo, 98050 Santa Marina Salina (ME) – Loc. Lingua, Via Marina Garibaldi
    +39.090.9843307 +39.090.9843075
  • Agriturismo Al Cappero, www.alcappero.it
  • I Cinque balconi, Via Risorgimento, 36 – 98050 Santa Marina Salina, +39.090.9843508, www.icinquebalconi.it
  • Porto Bello Sea Lounge, Via Lungomare N.G., 2, 98050 – Santa Marina Salina, +39 090 9843125
  • www.portobellosalina.com
  • Hôtel Signum, Via Scalo, 15 – 98050 Malfa, Salina, +39 090 9844222 – +39 090 9844375 www.hotelsignum.it

 

Etape 5 : Panarea

A Panarea, le charme opère à chaque coin de rue. Les maisons avec vue panoramique sur la mer sont aussi monacales que des maisons grecques ou des trulli blancs et épurés. C’est minimaliste et joyeux, élégant mais pas ostentatoire. Nous avons mouillé au large et j’ai rejoint l’île à la nage. C’est donc vêtue d’un simple maillot de bain que j’ai arpenté les ruelles, très étroites où les golfcar peinent à se croiser. Panarea est réputée comme étant l’île la plus mondaine de l’archipel et tout est extrêmement manucuré : les jardins ornés de majestueux vases colorés en céramique, les maisons impeccablement immaculées.

Panarea est réputée comme étant l’île la plus mondaine de l’archipel et tout est extrêmement manucuré

Cela me donne envie d’une autre vie, loin de l’hystérie de Paris, où tout ne serait qu’ordre et beauté, calme et volupté…

Cette atmosphère là, c’est celle que j’ai ressentie au mois de juillet mais des amis night-clubbers m’ont glissé que ma vision était un légèrement édulcorée comparée à l’agitation aoûtienne des nuits au Raya, la discothèque ultra branchée de l’île.

 

Etape 6 : Stromboli

A peine débarquée, je me suis baignée sur une plage de sable noir. C’était poilant de se faire bringuebaler par les vagues et très revigorant aussi.

C’est donc les lèvres salées que j’ai entrepris la montée vers le cratère du volcan. Celle-ci dure deux heures et on se sent divinement bien après cet effort récompensé par un spectaculaire feu d’artifice, la Sciara del Fuoco.

Spectaculaire feu d’artifice, la Sciara del Fuoco.

Pour le dîner nous nous sommes installés comme des pachas à l’Osservatorio, le restaurant le plus proche du cratère, qui sert des primi et secondi exquis. Dans l’euphorie du volcan, j’ai commandé des spaghettis au homard, un régal !

Une fois la nuit tombée, nous sommes restés un long moment à l’Osservatorio à discuter avec des Américains. La soirée s’est étirée ainsi, au rythme des éruptions inopinées de Stromboli.

 

Etape 7 : Vulcano

Un autre jour, un autre volcan. Une autre île, une autre promesse

Nous voilà donc à Vulcano, en marche vers les fumerolles puis en train de barboter allègrement dans les boues bienfaisantes. C’est très ludique de s’oindre de cette étrange mélasse brûlante. Et si on le fait en pensant au bénéfice peau douce subséquent alors là c’est carrément jouissif. Au final, j’ai surtout aimé le contraste entre la vue saisissante en haut du volcan, le côté très contemplatif et le moment de recréation explosif en bas, dans la boue. Une chouette expérience.

Le soir, je suis allée dîner chez Marlin,  une poissonnerie qui, à la nuit tombée se transforme en restaurant de fruits de mer. Ce n’est sûrement pas le restaurant le plus raffiné de l’archipel mais j’ai trouvé l’ambiance est très sympathique. On sélectionne ce qui nous fait envie sur l’étal, on indique sa cuisson préférée et l’on récupère son plat quand c’est prêt. Le must : i totani farcis. Une tuerie.

Tout ce que j’ai vu et vécu au fil de l’eau m’a rendue folle de joie. Evidemment j’ai adoré toute la navigation, le bleu de la Méditerranée toujours dans le champ de vision et à l’horizon une nouvelle île dans le vent à découvrir. Ce voyage a imprimé en moi quelque chose de fort, teinté de bleu et de blanc. J’ai vraiment hâte de retourner l’été prochain à Filicudi pour vivre une nouvelle aventure, une robinsonnade avec des amis cette fois-ci ? Ou encore mieux pour m’y installer pour toute la vie…

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Photo By: Amélie Panigai

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