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Sur les routes d'Italie avec Ali !

INTERVIEW Elise Brasca, créatrice de Gianlisa Bag

J’ai rencontré Elise Brasca un mercredi après-midi dans son showroom à Milan. Entre le cuir Made in Italy et l’accent qui chante de cette adorable franco-italienne, je me devais de partager avec vous son histoire. Entre le modéliste qui aide à la conception des sacs et les ateliers de production situés à Montecatini, l’histoire des sacs Gianlisa est définitivement liée à la Toscane. Une jolie rencontre pour une journée milanaise ensoleillée.

 

Ciao Elise, peux-tu commencer par nous raconter l’histoire de Gianlisa ?

Gianlisa est une marque de maroquinerie de luxe accessible dont le style s’imprègne de ma double origine : le chic rock&roll des françaises associé à la qualité italienne puisque la tannerie des cuirs et la production des sacs sont à 100% Made in Italy. Je voulais de beaux produits faits dans les règles de l’art, qui respectent la tradition du cuir italien. Je me suis lancée en 2010 mais le vrai décollage de la marque s’est produit l’année dernière.

 

Tu travaillais déjà dans la mode avant de te lancer toute seule ?

Oui j’étais chef de produit pour les accessoires dans différentes maisons de luxe. Pierre Hardy, Chanel, Dior, Lancel… On peut dire que j’étais un peu touche à tout, du commercial à la communication, en passant par le choix des fournisseurs à l’assistance de création.

 

Une expérience particulière qui t’a marquée ?

Dior, car tu touches de très près un mythe de la couture et définitivement Pierre Hardy. Pour moi c’est un créatif extrêmement talentueux. Il a fait les Arts Décoratifs, il dessine beaucoup, c’est un personnage discret et précieux dans un monde Fashion plutôt bruyant. Il m’a tout appris sur le processus de création.

 

Au final, tu maîtrisais déjà la chaine de production d’un sac quand tu t’es lancée. Quel a été le défi le plus important pour toi ? Le business ou la création ?

Je dirais la création car je devais désormais transformer une idée précise, parfois décousue, en produit final. Au démarrage, le travail en binôme avec le modéliste en Toscane a été crucial pour m’aider à traduire ma vision. Je savais exactement ce que je voulais, encore fallait-il y arriver!

 

Est-ce qu’en 3 ans, tu sens que ton processus créatif a évolué ?

Oui ! Il est plus cohérent. Avant, une collection partait de différentes inspirations mélangées, maintenant je pars d’un point précis -un voyage, une toile, un artiste- et je fais des recherches pour creuser, affiner la proposition. Cela permet également d’avoir une collection qui se ‘raconte’ plus facilement.

 

Tu as des inspirations auxquelles tu reviens souvent et qui font partie de l’ADN de la marque ?

J’aime l’image et je suis naturellement attirée par tout ce qui est très graphique. Je suis passionnée par la photo et particulièrement par celle de Franco Fontana en ce moment. L’architecture et ses lignes m’inspirent également beaucoup, surtout pendant mes voyages.  j’affectionne aussi les jeux de textures, le peintre Pierre Soulages, le color bloc, mon grand-père sculpteur, Robert Delaunay.

 

Comment crées-tu un sac ? Tu te lèves un matin … et tu as un nouveau modèle en tête?

Pierre Hardy m’a beaucoup aidé pour assumer quelque chose de très simple concernant la création : la mode est un éternel recommencement. On ne créé rien de totalement nouveau mais en prenant appui sur une base, on créé un objet qui répond à sa vision.

J’ai une formation business (ESCP), c’est pourquoi j’ai appris à dessiner sur le tas. Quand j’ai des croquis satisfaisants, je vais voir mon modéliste (le grand maître maroquinier en tablier!) en Toscane avec le dessin, peut-être un tissu ou bien un échantillon de couleur précis, un modèle de sac vintage pour aiguiller le travail et nous échangeons.

 

Quelle est la chose que tu as le plus à cœur quand tu crées un modèle ?

Je pense à deux choses. Tout d’abord à la qualité, même si le produit doit rester abordable. La production en Toscane me permet d’atteindre cette qualité car il y a une grande importance accordée à la tradition, au modéliste qui travaille le cuir comme son père le faisait il y a 50 ans. Il y a un vrai respect du produit qu’on ne trouve pas avec des sacs faits en Chine..

Coté produit, j’aime vraiment la multi-fonctionnalité. Un sac se transforme en pochette, les anses sont amovibles, il y a une petite poche dans un grand sac, des compartiments, les pochettes d’ordinateur en cuir ont 2 faces différentes pour s’adapter à 2 styles.

 

Comment décrirais-tu la cliente Gianlisa ?

Je crois qu’elle cherche avant tout un produit qu’elle ne trouvera pas chez tout le monde. Elle travaille par exemple dans le milieu de la publicité et aime le côté graphique de mes propositions. Elle ne cherche pas la marque pour la marque et est très attentive à la qualité du cuir.

 

Parles-nous un peu des modèles phare de Gianlisa. Ça sent la musique rock tout ça !

Oui ! Chaque modèle porte le nom d’une chanteuse (rock mais pas que) à la forte personnalité. Ella, Pattie, Debbie, Janis … Le premier modèle que j’ai lancé s’appelle June. Il a un cuir souple incroyable et je voulais revisiter l’idée du matelassé Chanel en le rendant plus rock, plus fun. Du coup il y a une impression guitare et le rabat du sac rappelle la forme d’un mediator. La matière et les détails restent très luxe avec par exemple un intérieur tout cuir.

 

Moi je craque totalement pour le Ella…

Oui c’est le modèle qui tend à devenir un classique. Tout cuir beige ou noir très années 80, ethnique, pailleté, à rayures … Il se décline très bien en fonction de mes inspirations.

 

Quelles étaient justement les inspirations des dernières collections ?

Les rayures me viennent des voyages dans les années 70. Capri, Portofino en Italie mais aussi Acapulco. Le rock également des années 60. Il y a toujours quelque chose de rock chez Gianlisa! Chaîne, forme, clou; cela fait partie intégrante de mon style tout en restant féminin.

 

D’ou vient le nom Gianlisa ?

C’est la contraction de GianCarlo, le nom de mon papa et de Lisa qui était mon surnom petite. La famille est très importante pour moi et je travaille beaucoup avec mon frère qui s’occupe de la partie graphique. Nous avons élaboré ensemble le logo : un mouton noir pour souligner notre volonté d’être différent, un blason en forme de médiator qui fait un double clin d’œil aux vieilles maisons toscanes et mon style rock.

 

Pour finir en beauté… des projets ?

Nous avons complété l’offre de maroquinerie par des bijoux et ça marche bien. Il y aura des nouveautés à découvrir en septembre à la rentrée …

 

Grazie mille Elise !

 

Adresse : Showroom Gianlisa, via varese 4 dans le quartier de Brera (tel : +39 02 45409823). Ouvert uniquement sur rendez-vous.

Prix : Comptez 290 euros pour le modèle ELLA, 390 pour le June.

Eshop : http://www.gianlisa.com/negozio/e-shop/

 

Le joli monde d’Elise

Elise Brasca Gianlisa Bag Alidifirenze

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