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Sur les routes d'Italie avec Ali !

Les habitudes de François Pignol à Venise 

J’ai rencontré François Pignol lors de mon dernier voyage éclair à Paris. Son nom m’était apparu à plusieurs reprises en faisant des recherches sur Venise et j’étais curieuse d’en apprendre plus sur son rôle de responsable des jeunes donateurs du Comité Français pour la Sauvegarde de Venise. Les relations qui lient François à la Sérénissime ne datent pas d’hier … Première visite alors qu’il est encore nourrisson, voyage annuel en famille, création de l’association « Voir Venise » lors de sa première année à HEC puis sa rencontre déterminante avec Jérome Zieseniss, président du Comité. J’ai profité de cet échange pour lui soutirer ses petites habitudes italiennes : où dévore t’il ses pâtes au homard, où se promène t’il quand il a envie d’être seul … Rencontre avec un élégant trentenaire qui a encore des étoiles dans les yeux quand il évoque son premier bal Cavalchina donné à la Fenice pendant le Carnaval.

Bonjour François ! Ta première fois à Venise ?

À 8 mois ! Mes parents y avaient des amis et nous venions tous les ans. Ça a duré jusqu’à mes 15 ans puis il y a eu une pause de 16 à 20 ans.

Comment s’est passé ton « retour » à Venise ?

Après le lycée lorsque j’étais en prépa, j’y suis retourné une semaine et j’ai été enchanté de l’expérience. Je me suis alors dit que si j’avais HEC, je reprendrais un projet cher à mon père, photographe, pour l’amener jusqu’au bout.

Et du coup tu as eu HEC ! Racontes-nous le projet.

Il s’agissait de reproduire en photos tout le Grand Canal à l’échelle 1/10, ce projet avait un côté très immersif pour valoriser la plus belle avenue du monde. Pour mener à bien la promotion de ce projet, j’ai embarqué dans l’aventure 3 autres amis et nous avons créé l’association « Voir Venise » dans les premiers mois de notre intégration à l’école. En avril, nous étions à Venise avec une plaquette de présentation, un logo, un site internet. Nous y avons fait des rencontres décisives pour la suite notamment avec une invitation chez Jérôme Zieseniss, président du Comité Français pour la Sauvegarde de Venise.

As-tu mené à bien l’aventure « Voir Venise » ?

On était à deux doigts d’avoir quelques milliers d’euros pour se lancer, en tout cas suffisamment pour démarrer le projet. Mais HEC nous imposait à l’époque une année de césure et on a tout abandonné.

Le regrettes-tu ?

Non pas du tout, car cela m’a permis de rencontrer Jérôme. Il était intrigué par ce groupe de jeunes très volontaires, au final il était plus intéressé par nous que par le projet en lui-même ! Un vrai lien d’amitié s’est tissé en quelques années et il m’a dit un jour, « François, tu vas réunir un groupe de jeunes pour constituer à terme un groupes de jeunes donateurs au sein du comité ». J’ai un souvenir exceptionnel du premier événement auquel j’ai participé avec la Comité, il s’agit du bal de la Cavalchina, un grand bal donné à la Fenice en plein Carnaval. C’est un événement dans la grande tradition des bals historiques vénitiens. Dans la salle, les sièges sont enlevés, il y a un spectacle sur scène, un cheval avait même fait son apparition … c’était merveilleux.

Comment fonctionne concrètement ton travail pour le comité ?

On organise un week-end par an (on est désormais plus de 100 personnes) et il y a une cotisation qui va permettre de financer un projet précis. Pendant des années, on a fixé ce week-end durant le bal Cavalchina mais maintenant on privilégie le mois de septembre pour la régate historique.

Quel patrimoine de Venise le comité a t’il aidé à restaurer ?

Jérôme travaille sur l’immense projet du Palais Royal dont chaque pièce, l’une après l’autre, a besoin d’être restaurée. C’est très important car il a mis en lumière un patrimoine qui était laissé de côté, a réussi à sortir l’administration qui logeait dans le bâtiment. Pour ma partie des jeunes donateurs, ce sont les chevaux de Saint-Marc que nous avons pu faire restaurer, un symbole incontournable de la ville. Nous avons également participé à la restauration de la chambre de Sissi dans le projet Royal. Dernièrement nous mettons en place une campagne de sensibilisation pour faire connaître le casino Venier, siège de l’Alliance Française, véritable bras droit culturel de la France dans la Lagune. Nous avons notamment donné une soirée en 2016 à l’Institut Culturel Italien à paris pour attirer l’attention sur le sujet.

Combien de fois par an viens-tu à Venise ?

Entre 1 et 4 fois. La dernière fois c’était en septembre pour la régate avec le groupe d’amis avec qui je mène cette aventure du Groupe des Jeunes du Comité depuis plus ou moins longtemps (Candice Pfrunder, Samar Seraqui de Buttafoco, Julien Charles, Alexis Bourdais, Ginevra Boralevi, et Clémentine Martini) … En mai dernier, j’ai également fait un saut pour la Biennale. J’en ai profité pour retourner à la Gallerie dell’Accademia pour admirer des triptyques de Bosch incroyables.

Est ce qu’il y a des lieux à Venise où tu retournes systématiquement ?

Le Palais Royal ! Car la restauration y est progressive et il y a toujours un changement depuis mon dernier voyage. Je profite également des visites privées qu’organise Jérome pour des mécènes.

Un endroit qui concentre tout le charme de Venise ?

Je me rends toujours en haut du pont de l’Accademia car j’y ressens une vraie plénitude. Le spectacle du Grand Canal, la pointe de la Douane, l’église de la Salute … c’est vraiment un point de vue exceptionnel.

Un plat dont tu ne te lasses pas ?

Attention, côté restaurant je suis mono-maniaque ! Je réserve toujours au Ristorante Acqua Pazza situé Campo San Angelo et je commande des linguine all’astice (pâtes aux homards). Entre copains ou en tête à tête, c’est toujours une bonne idée.

Un endroit pour te promener ?

Les quais des Zattere. Je trouve qu’au cœur de Venise, l’eau est omniprésente mais on en arrive à l’oublier. Depuis les Zattere, on sent la force de la mer. Je conseille le restaurant Riviera qui est installé sur le quai.

Quel Sestiere privilégies-tu quand tu viens à Venise ?

Quand j’étais petit, on était du côté du Cannaregio. On y prenait très souvent le bateau direction l’ile de Burano dont mon père était fan. Maintenant j’aime prendre mes quartiers dans le Dorsoduro. On y vit la magie de la ville, c’est un quartier qui concentre les grands musées comme l’Accademia et le Guggenheim. Je vais souvent aussi vers l’église de San Sebastian, une zone plus tranquille.

Es-tu encore surpris par Venise ?

Oui à chaque fois. J’ai envie de reparler du Casino Venier, qui est un endroit que j’ai découvert il y a peu alors que je viens très souvent. Contrairement à son nom, l’adresse n’est pas liée aux jeux d’argent : c’était un lieu de rencontre et de conversation pour les nobles vénitiens, de rendez-vous galant, un lieu absolument magique qui se visite encore. Une zone que je connais très peu par contre est le Sestiere de San Polo, il faudra y remédier.

Aimes-tu aller dans les îles ?

J’y suis beaucoup allé plus jeune. Burano, Torcello, Murano un peu, la plage d’Alberoni au Lido … j’y vais moins ces dernières années. Par contre j’adore être en bateau sur la lagune. C’est vraiment le kiff absolu ! Je vis chaque arrivée et départ de Venise en bateau comme une grande chance. D’ailleurs dès que j’en ai l’occasion (surtout quand on est un groupe de copains), je m’offre un taxi-bateau.

Te vois-tu vivre à Venise ?

Pas à plein temps. Mais j’adorerais pouvoir y faire une longue pause, y vivre une saison.

Es–tu attiré par d’autres villes d’Italie ?

J’ai vécu à Milan, je connais bien. Je trouve Florence un peu trop austère mais par contre je suis dingue de Rome qui dégouline de beauté. Mais bon, Venise est à part… une pure folie.

Merci François !

Retrouvez les chroniques de François Pignol sur le site Une Libanaise à Paris

Carnet d’adresses de François :

  • Casino Venier : Ponte dei Bareteri San Marco 4939, 30124, Venezia /  +39 041 5227079
  • Palais Royal de Venise : Piazza San Marco, 52 / Musée Correr  +39 041 240 5211
  • Restaurant Acqua Pazza : Campo S. Angelo, 3808, 30024 San Marco, Venezia VE / fermé le lundi +39 041 277 0688
  • Restaurant Riviera : Fondamenta Zattere Al Ponte Lungo, 1473 / fermé mercredi et jeudi +39 041 522 7621
  • La Fenice : Campo San Fantin, 1965 http://www.teatrolafenice.it/site/index.php
  • Gallerie dell’Accademia : Campo della Carita, 1050, 30123 Venezia VE / fermé le lundi après-midi +39 041 522 2247
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Photo By: François Pignol, Laure Jacquemin,

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