AlidiFirenze

Une Française en filature à Florence

DOLCE VITA, mes loafers Gucci (et crise d’hystérie)

Ceci est le sujet d’article le moins original jamais écrit, je préfère vous prevenir tout de suite! Mais ces loafers de Gucci, c’est le raz de marée fashion, l’hystérie collective qui nous pousse à prendre une paire un numero au dessus par peur de ne jamais plus trouver le modèle en stock, l’intemporel statutaire. Bref, vous l’avez compris j’ai succombé comme une mouche. Petit récit du périple, que dis-je, de l’histoire d’amour entre ces mocassins et moi.

CALENDRIER DE L’ACHAT

Avril – Je retrouve Paola, ma petite assistante que j’ai eue pendant quelques mois,dans le centre de Florence. Le destin nous guide via Tornabuoni, la rue du luxe florentin. Paola, c’est un peu ma fille spirituelle, on se retrouve bien souvent habillée pareil et je dois dire qu’en terme de raffinement, elle me surpasse de loin. Tout ça pour dire qu’il n’est pas difficile de convaincre Paola de rentrer chez Gucci pour « aller faire un tour » « comme ça ». La vie nous porte devant le rayon chaussure et là on commence à s’esclaffer. Au début, je suis plutôt tentée par le mocassin noir mors old style celui aux lignes plus proches d’un tod’s que d’une paire de slippers. Mais ça c’est avant que Paola commence à tester les nouveaux modèles et que je devienne écarlate de jalousie. Je n’accroche pas vraiment au célèbre modèle avec la fourrure, j’ai l’impression d’enfiler deux petits chiens aux pieds mais le modèle simple et si épuré me fait tourner la tête.

Mai – ma meilleure amie Morgane, reine du style et du cool qui vit à Paris m’envoie un whatsapp pour savoir « ce que je pense des mocassins Gucci car elle est dans la boutique et a la carte bleue à la main ». Je m’effondre. Tout le monde aurait donc la chance de porter ses merveilles au quotidien sauf moi ? Que quelqu’un me vienne en aide.

Mai bis – Morgane me nargue à distance en postant des instagram stories de ses mocassins qui foulent avec style le pavé parisien. Je n’ose plus sortir de chez moi, n’ayant à disposition que des sandales en cuir et des ballerines repetto. Ah vous ai-je dit qu’en plus de tout, elle les a choisis en bordeaux sublime ?

Juin – le salon Pitti démarre à Florence et avec Elena mon éditeur du ELLE, nous élaborons un programme de warrior. Le dernier soir nous sommes même au musée Gucci pour une signature de livre, entourées par des centaines de personnes qui ont été plus malignes que moi en achetant leur paire de loafers dès leur sortie. Techniquement, je fais partie des 2% de la soirée n’ayant pas les dits mocassins aux pieds et je tente par tous les moyens de planquer mes Sergio Rossi (qui sont sublimes mais que je trouve d’un mauvais goût notoire sur le moment). Je verse de nouveau une larme de rage dans les toilettes avant de refixer mon mascara.

Juin – Pitti + 1 jour. Elena (que j’adore) est encore en retard comme à son habitude (je passe ma vie à attendre, et pas que Elena, bref). Me voilà donc à errer dans la librairie du musée Gucci car nous avons décidé de visiter le musée ensemble pour nous inspirer des archives. Je flâne dans les rayons, l’air lasseeee, quand tout à coup, je vois de loin une microscopique pièce avec des foulards et des sacs. Les livres c’est bien, mais les accessoires c’est mieux ! Je me dirige donc au ralenti vers la piecette. ET LA. LE CHOC. LE DRAME. LE RÊVE ! Mes loafers sont là, toutes sages, sur l’étagère. Je n’ose m’approcher trop rapidement, de peur que quelqu’un derrière moi (un touriste japonais fourbe) les repère aussi et soit plus rapide pour les récupérer. Je caresse le cuir, soulève l’objet avec la délicatesse d’Indiana Jones prenant dans ses mains la statue Inca dans L’Arche Perdu. Sans trop y croire mais le coeur serré quand même un peu par l’espoir, je retourne le modèle.

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Ma pointure.

Le modèle noire que je voulais tant.

Quand Elena arrive, elle me retrouve tout sourire et n’imagine pas une seconde que son retard vient de me coûter un « SMIC ». Tous ces mois d’attente m’ont rendue amère et je me venge cruellement sur ma pauvre Paola en lui envoyant un whatsapp de ma trouvaille. Elle pleure, je suis assez contente de moi.

Septembre – je retrouve  Géraldine Dormoy, la géniale redac chef de l’express Style en ligne pour un déjeuner entre filles à Milan. Elle dit « ohhh tu as les Gucci » ! Puis me balance, sans anticiper le trou dans le coeur que me laissera sa phrase « j’en ai vu des milliers pendant la fashion week, à croire qu’ils les distribuent gratuitement quelque part ». Je ne suis qu’une fashion victime parmi tant d’autres…

 

NOTE À MOI-MÊME POUR JUSTIFIER MON ACHAT (NOTE À FORWARDER À LA BANQUIERE CF LE TROU DANS LE BUDGET)

  • Ce mocassin va avec tout, du jean à la robe longue, on ne peut pas se planter.
  • Ce mocassin est aussi féminin (merci le mors) que tomboy (il couvre sacrement le pied).
  • Ce mocassin symbolise l’époque Gucci par Alessandro Michele que l’on oubliera jamais (donc autant en avoir un souvenir), bien que le modèle sobre et élégant soit diamétralement opposé au style 70  folle-dingue du couturier.
  • Quand le matin, je n’ai rien à me mettre + me sens moche + maudis ma penderie, je pars de ces chaussures puis associe des basics chics et le look est plié.
  • Porter du plat en soirée est désormais possible tout en restant élégant.
  • Sol en marbre, parquet, mosaïques : c’est incroyable, ils sont instagrammables sur tous les fonds !

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Photo By: Alex Dani pour Ali di Firenze

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