AlidiFirenze

Italian Joie de Vivre !

DOLCE VITA, bande de fugueuses

« Alors Alice, cette fugue, c’était comment ? »

On m’a posé cette question à répétition dans les jours qui ont suivi ma première fugue italienne à Florence.

Franchement, j’étais incapable de répondre, incapable de mettre des mots. J’étais là, bien souvent les yeux très embués, une réponse physique plus que verbale. « C’était génial ».

Voilà.

Pas très glorieux pour quelqu’un qui ne fait que de l’ouvrir.

Flore, une de mes fugueuses, a été encore plus précise. « Comment vas-tu faire pour parler de ce que l’on a vécu ? ».

Car oui. Ce groupe de 11 fugueuses et moi-même avons vécu. Vécu quelque chose de fort, d’unique, d’inespéré.

Florence, la toile de fond

Bien sûr il y avait Florence, la toile de fond, là où j’étais vraiment sûre de mon coup. Je connais la ville, ses adresses, ses secrets et j’étais convaincue que partager tout cela était une bonne idée. Traverser l’écran du téléphone, aller prendre un verre ensemble sur cette terrasse qui fait rêver sur les réseaux sociaux. La fameuse expérience bien au-delà du contenu.

Mais depuis que l’idée de la fugue me trotte dans la tête, j’avais envie de bien plus. Un moment privilégié entre femmes, des femmes qui voyageraient seules, prêtes à vivre une aventure, prêtes à s’ouvrir à un nouvel état d’esprit. Je voulais un lâcher-prise, imposé par un calendrier précis sur les horaires mais très flou sur les activités et les adresses. Encore une fois, ne pas savoir à quoi s’attendre, avoir le cœur qui bat un peu plus fort. Pas de week-end dépression même si chacune arrive avec son bagage, quelque chose de très joyeux. Etre là pour profiter, se régénérer et récupérer le fil de ses envies, de qui l’on est.

Ça c’était sur le papier, sur mon papier. Une intuition plus qu’un souhait, le sentiment qu’on pouvait faire des étincelles entre nous, pourtant sans se connaître, exprimer des choses très personnelles, avec pudeur, rire autant que pleurer. Et bien la réalité est allée se poser bien au-delà de mes espérances.

L’indescriptible magie

Comment oser penser déjà, que l’appel de la Fugue dépasserait les frontières de Paris, de la France ? Que des femmes auraient récupéré « ma bouteille à la mer » depuis l’Angleterre, Toulouse, la Provence, la Suède, Lyon, le Luxembourg, la Belgique, Milan ?  Apparemment l’appel de l’aventure a résonné loin. J’espérais que le groupe s’entendrait bien mais je ne m’attendais pas à la magie d’une sororité qui s’est construite en moins de 72h, des cœurs qui s’ouvrent, des conversations éclairantes avec des inconnues devenues, je le pense vraiment, des amies.

J’ai du mal à décrire avec des mots les situations telles qu’on les a vécues, mais j’ai des images, des sensations qui vont rester très longtemps avec moi. La main d’Alexia qui traverse la table chez Cinque Cinque pour prendre la mienne (à moins que ce ne soit l’inverse), le sourire qui dévore le visage de Cécile se rendant compte qu’elle sait calligraphier comme personne, la douceur du regard de Céline au moment de se dire au revoir, ce regard qui dit « moi aussi je n’en reviens pas ». La liste de ses trésors est longue.

L’indescriptible magie s’est construite sans aucun doute avec les ateliers, ces fameux workshops quotidiens qui ont vocation chacun à leur manière de débloquer quelque chose, d’ouvrir de nouveaux sujets de conversation. Avec Betty Soldi, mon ami designer et calligraphe, nous avions imaginé un atelier qui mélangerait l’énergie des mots, ceux qui viennent de l’intérieur de nous, et l’émotion des images, celles qui nous parlent sans trop savoir pourquoi. Nous étions à fond sur cette idée sans savoir si elle « marcherait » sur un groupe de femmes qui n’a pas touché une paire de ciseau, de la colle et des crayons depuis un paquet de temps. Quand fait-on, dans nos quotidiens survoltés, ce genre d’exercice ?

Pour moi, le déjeuner qui a suivi cet atelier a été le moment le plus fort du séjour. J’ai senti les décharges d’émotion, les fugueuses qui s’interrogeaient, qui réfléchissaient, des liens très forts se créer entre les femmes. Pour tout vous dire, on a aussi énormément rigolé. En fait on a rapidement fait que ça, multipliant les situations qui sont devenues depuis des private jokes. Ça a démarré doucement le premier jour et puis, paf, c’était parti et inarrêtable. L’ascenseur devenu fusée.

Et mon rôle à moi, dans tout ça ?

Franchement, je crois que c’est aussi une des plus belles surprises, une leçon d’humilité. Je suis celle qui a fait la courte-échelle pour que ces femmes puissent passer un moment privilégié entre elles. ENTRE ELLES. Bien sûr, j’ai participé aux échanges, répondu le plus sincèrement possible quand on me posait des questions ; mais j’ai adoré m’effacer pour les laisser nouer des liens, créer une intimité, un terreau pour toutes les discussions. Je me rends compte aussi que le démarrage de la fugue, le jour 1, est celui que je vais devoir retravailler, me préparer plus, car il faut mettre tout le monde en confiance, démarrer des échanges dans la douceur …. Quand vous attaquez le premier café, 11 paires d’yeux braquées sur vous dans le silence, des femmes que vous ne connaissez pas, vous ne faites pas la mariolle !

Alors merci à vous les filles de m’avoir fait confiance, d’avoir fermé les yeux et fait un pas vers moi, dans le vide, comme Indiana Jones dans la dernière croisade ! Si ce séjour vous a reboosté, apaisé, fait du bien, j’en suis très fière. Sachez que moi, vous m’avez rendu plus forte. Cette force que je sens grandir, cette force qui apaise, qui cicatrise d’anciennes blessures. Elle n’empêche pas les doutes, la sensibilité, mes défauts. Mais c’est une nouvelle arme que je n’avais pas avant, cette assurance d’avoir fait quelque chose de bien, d’être sur MON chemin et de me porter vers quelque chose de plus grand.

Enfin, merci infiniment à toutes les personnes qui ont participé à cette fugue, ont aidé à l’organisation. Je pense à Guillaume bien sûr, notre chevalier de l’ombre, notre empereur du crostini maison, qui a œuvré tout le weekend pour que les choses soient fluides. Marie-Eve qui a passé 3h à organiser notre apero de rêve samedi à la maison. Betty bien sûr, Sofia son assistante plus-que-parfaite (vous ai-je parlé de Sofia ? God, c’est une série de 6 articles), Keisha notre merveilleuse prof de yoga et pro des huiles essentielles, le genre de nana qui réussirait à détendre n’importe quel stressé de la vie avec cette voix si profonde « everything is in the past », Tamara de Floret, Silvio de Cinque Cinque, la famille Locchi, Rafaello Romanelli, ….

Et bien sûr, nos partenaires qui ont gâté les fugueuses ! Savini Tartufi pour avoir préparé un apéro de dingue à la truffe, la maison d’édition Gallimard pour avoir offert des guides de Florence, Biofficina Toscana pour avoir offert des masques visages répondant à chaque type de peau … je me suis vraiment sentie investie d’une mission, bichonner à fond ces femmes qui me faisaient confiance.

Alors maintenant, il faut tourner la page et avancer vers Favolosa Firenze, act II ! Des nouvelles adresses, des nouvelles surprises … et surtout un nouveau groupe de femmes, de personnalités prêtes à prendre leur envol.

Car oui, je ne sais pas si vous l’aviez compris, mais Ali di Firenze prend un tout nouveau sens avec ces fugues italiennes. « Ali di Firenze » Ce n’est plus « Alice de Florence », ce sont « Ali », les ailes. Les miennes se sont déployées, celles de 11 fugueuses aussi. À qui le tour ?

Baci

Alice

PS : pour le calendrier 2020, des infos sur cette année, des questions sur le concept et l’organisation, n’hésitez pas à m’écrire ciao@alidifirenze.fr

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